13 minutes


La fibromyalgie : De la controverse à la clarté

Par : Janet McKenzie BSN, MBS, ND


Summit Natural Health Centre

5133 Dundas Street West

Etobicoke, Ontario, M9A 1C1

www.summitnaturalhealth.ca






Fibromyalgia


Partie I : La guerre de la fibromyalgie

Le syndrome de la fibromyalgie (SFM) est une condition caractérisée par des douleurs chroniques répandues à travers le corps et par une fatigue extrême. Depuis bien longtemps, on lui considère un diagnostic controversé principalement à cause que sa pathophysiologie qui est peu comprise. Certains croyaient qu’il s’agissait de simulation (1) ou d’une condition psychosomatique (2), d’autres l’ont vu telle une maladie rhumatologique (3) ou neurologique (4).

Déjà au 19e siècle, on retrouve des descriptions du SFM en utilisant des termes tels rhumatisme, rhumatisme musculaire et aponévrose. L’appellation « fibromyalgie » est entrée en usage en 1976 (5). La première étude contrôlée démontrant les associations symptomatiques, aujourd’hui considérées caractéristiques de la fibromyalgie, fut publiée en 1981 (6). Quelques années plus tard, en 1987, le Journal of the American Medical Association employait la terminologie « syndrome de la fibromyalgie » en soulignant qu’il s’agissait d’une « condition controversée » (7).

Nous aimerions croire que l’émergence des lignes directrices de diagnostic (8) dans les années 1990 aurait réduit la gravité de la controverse, mais ce n’est pas le cas. En 2009, l’un des auteurs de ces lignes directrices, Docteur Fredericke Wolfe, écrivait à propos de la controverse soutenue dans le American Journal of Rheumatology : (9)

FM est une condition amèrement controversée. Elle met en opposition patients, compagnies pharmaceutiques, certains médecins spécialistes, organismes professionnels et certaines agences gouvernementales, soit les groupes ayant un certain pouvoir politique et économique qui bénéficient de l’acceptation de FM, contre la grande majorité des médecins, sociologues et historiens médicaux dans ce que l’on appelle la « guerre de la fibromyalgie ».

En 2011, Dr Wolfe a publié une étude fondée sur les critères de diagnostic actualisés par la American College of Rheumatology (ACR), en argumentant que les variables cliniques de SFM ne sont pas suffisamment distinctes afin que l’on considère qu’elle appartient à une maladie en particulier (10). Pour contrer ce point, Dr Hugh A. Smythe, un coauteur des lignes directrices de la ACR en 1990, a affirmé que les distinctions qualitatives sont identifiables et consistantes avec les lignes directrices publiées en 2010 (11).

Le débat est plus qu’académique car le financement de la recherche, le développement des traitements et la qualité de vie de ceux souffrant de SFM sont affectés par ce manque de consensus. Malgré que les études récentes identifiant l’implication d’un type de neuropathie (12) et de pathologie circulatoire (13) aient aidé à établir une base physique au syndrome, elles ont aussi contribué au manque de clarté en ce qui a trait à la classification de cette maladie. La recherche continue, tout comme la controverse.

Ci-dessous, dans la partie II, nous discuterons des faits saillants portant sur le SFM en termes de facteurs de risque et autres éléments contributeurs à cette condition.

References

1. Bohr, T.W. “Fibromyalgia syndrome and myofascial pain syndrome. Do they exist?” Neurologic Clinics Vol. 13, No. 2 (1995): 365–384.

2. Hudson, J.I., and H.G. Pope, Jr. “Fibromyalgia and psychopathology: is fibromyalgia a form of ‘affective spectrum disorder’?” The Journal of Rheumatology. Supplement Vol. 19 (1989): 15–22.

3. Decker, J.L. “American Rheumatism Association nomenclature and classification of arthritis and rheumatism (1983)”. Arthritis and Rheumatism Vol. 26, No. 8 (1983): 1029–1032.

4. Bradley, L.A., et al. “Is fibromyalgia a neurologic disease?” Current Pain and Headache Reports Vol. 6, No. 2 (2002): 106–114.

5. Häuser, W., et al. “Fibromyalgia syndrome: classification, diagnosis, and treatment”. Deutsches Ärzteblatt International Vol. 106, No. 23 (2009): 383–391.

6. Winfield, J.B. “Fibromyalgia and related central sensitivity syndromes: twenty-five years of progress”. Seminars in Arthritis and Rheumatism Vol. 36, No. 6 (2007): 335–338.

7. Goldenberg, D.L. “Fibromyalgia syndrome. An emerging but controversial condition”. JAMA: the Journal of the American Medical Association Vol. 257, No. 20 (1987): 2782–2787.

8. Wolfe, F., et al. “The American College of Rheumatology 1990 Criteria for the Classification of Fibromyalgia. Report of the Multicenter Criteria Committee”. Arthritis and Rheumatism Vol. 33, No. 2 (1990): 160–172.

9. Wolfe, F. “Fibromyalgia wars”. The Journal of Rheumatology Vol. 36, No. 4 (2009): 671–678.

10. Wolfe, F., et al. “Do we need core sets of fibromyalgia domains? The assessment of fibromyalgia (and other rheumatic disorders) in clinical practice”. The Journal of Rheumatology Vol. 38, No. 6 (2011): 1104–1112.

11. Smythe, H.A. “Unhelpful criteria sets for ‘diagnosis’ and ‘assessment of severity’ of fibromyalgia”. The Journal of Rheumatology Vol. 38, No. 6 (2011): 975–978.

12. Oaklander, A.L., et al. “Objective evidence that small-fiber polyneuropathy underlies some illnesses currently labeled as fibromyalgia”. Pain Vol. 154, No. 11 (2013): 2310–2316.

13. Albrecht, P.J., et al. “Excessive peptidergic sensory innervation of cutaneous arteriole-venule shunts (AVS) in the palmar glabrous skin of fibromyalgia patients: implications for widespread deep tissue pain and fatigue”. Pain Medicine Vol. 14, No. 6 (2013): 895–915.


La fibromyalgie : De la controverse à la clarté

Partie II : Facteurs de risque et les contributeurs

Par : Janet McKenzie BSN, MBS, ND


Summit Natural Health Centre

5133 Dundas Street West

Etobicoke, Ontario, M9A 1C1

www.summitnaturalhealth.ca

Fibromyalgia

Dans la partie précédant l’article portant sur la fibromyalgie, nous avons vu qu’il s’agit d’une condition depuis longtemps controversée. Dans cette deuxième partie, nous discuterons comment la recherche se dirige vers l’établissement d’un profil d’individu le plus à risque à développer la maladie.

La prévalence mondiale de SFM est de 0,4 à 9,8%. Il est intéressant de noter que, bien qu’elle soit à l’origine considérée comme maladie des pays développés, le plus grand taux de prévalence est observé en Tunisie, et que les pays tels le Bangladesh et le Pakistan notent une prévalence de 3,6% et de 2,1% respectivement (1). Au Canada, la prévalence est estimée à 1,1 à 3,3%, avec un ratio femmes-hommes de 6:1, et affectant la population de tout âge (2,3).

Les facteurs de risque, actuellement, incluent :
class= »myUL »

  • la génétique ; (4)
  • l’environnement familial ; (5)
  • un historique de traumatisme physique ou émotif ; (6)
  • des facteurs tels que les altérations d’anatomie (7,8), le fonctionnement (9) et la chimie (10,11) du système nerveux ;
  • des malaises simultanés aux conditions telles l’hémochromatose génétique liée aux mutations (12), la migraine (13), les troubles du sommeil (14), le syndrome du côlon irritable (15) et des effets négatifs tels l’anxiété, la dépression et le stress (16)

Des autres conditions associées avec FSM, l’une des plus significatives est le sommeil perturbé. Une étude de 2008 a démontré que les douleurs globales associées au trouble du sommeil se sont estompées lorsqu’un sommeil réparateur a eu lieu (17).

Dans une petite étude publiée en 2013, les chercheurs ont trouvé que la chimie du corps lors du sommeil perturbé pour les individus souffrant de SFM différait de ceux qui avaient d’autres troubles du sommeil. Une augmentation du marqueur TNF-alpha était lié de façon positive à la fatigue, au stress et aux symptômes neurologiques des individus souffrant de SFM. Ceci n’était pas le cas chez le groupe de contrôle. Les individus contrôles souffrant d’apnée obstructive du sommeil avaient des corrélations positives entre la fatigue et la pauvre qualité du sommeil, avec une augmentation d’un autre marqueur, l’interleukine-1 bêta ; ces corrélations ne se sont pas confirmées dans le cas des sujets affectés par FSM (18).

Pendant que la recherche ne cesse de croître et de raffiner notre compréhension des facteurs de risque de la fibromyalgie, les études nommées dans le présent article donnent l’aperçu suivant de la personne à risque : une femme adulte, avec un antécédent familial de fibromyalgie dans sa parenté immédiate, et/ou un historique personnel démontrant des périodes prolongées ou multiples de haut niveau de stress, des troubles émotifs, une pauvre qualité de sommeil, le syndrome du côlon irritable et/ou des migraines.

References

:
1. Queiroz, L.P. “Worldwide epidemiology of fibromyalgia”. Current Pain and Headache Reports Vol. 17, No. 8 (2013): 356.

2. McNally, J.D., D.A. Matheson, and V.S. Bakowsky. “The epidemiology of self-reported fibromyalgia in Canada”. Chronic Diseases in Canada Vol. 27, No. 1 (2006): 9-16.

3. White, K.P., et al. “The London Fibromyalgia Epidemiology Study: the prevalence of fibromyalgia syndrome in London, Ontario”. The Journal of Rheumatology Vol. 26, No. 7 (1999): 1570–1576.

4. Smith, S.B., et al. “Large candidate gene association study reveals genetic risk factors and therapeutic targets for fibromyalgia”. Arthritis and Rheumatism Vol. 64, No. 2 (2012): 584–593.

5. Bradley, L.A. “Pathophysiologic mechanisms of fibromyalgia and its related disorders”. The Journal of Clinical Psychiatry Vol. 69, Suppl. 2 (2008): 6–13.

6. Low, L.A. and P. Schweinhardt. “Early life adversity as a risk factor for fibromyalgia in later life”. Pain Research and Treatment Vol. 2012 (2012): 140832.

7. Kuchinad, A., et al. “Accelerated brain gray matter loss in fibromyalgia patients: premature aging of the brain?” The Journal of Neuroscience Vol. 27, No. 15 (2007): 4004–4007.

8. Jensen, K.B., et al. “Overlapping structural and functional brain changes in patients with long-term exposure to fibromyalgia pain”. Arthritis and Rheumatism Vol. 65, No. 12 (2013): 3293–3303.

9. Watson, N.F., et al. “Neurologic signs and symptoms in fibromyalgia”. Arthritis and Rheumatism Vol. 60, No. 9 (2009): 2839–2844.

10. Gracely, R.H. and K.R. Ambrose. “Neuroimaging of fibromyalgia”. Best Practice & Research. Clinical Rheumatology Vol. 25, No. 2 (2011): 271–284.

11. Harris, R.E., et al. “Dynamic levels of glutamate within the insula are associated with improvements in multiple pain domains in fibromyalgia”. Arthritis and Rheumatism Vol. 58, No. 3 (2008): 903–907.

12. Mohammad, A., et al. “High prevalence of fibromyalgia in patients with HFE-related hereditary hemochromatosis”. Journal of Clinical Gastroenterology Vol. 47, No. 6 (2013): 559–564.

13. Ifergane, G., et al. “Prevalence of fibromyalgia syndrome in migraine patients”. Cephalalgia Vol. 26, No. 4 (2006): 451–456.

14. Mork, P.J. and T.I. Nilsen. “Sleep problems and risk of fibromyalgia: longitudinal data on an adult female population in Norway”. Arthritis and Rheumatism Vol. 64, No. 1 (2012): 281–284.

15. Sperber, A.D., et al. “Fibromyalgia in the irritable bowel syndrome: studies of prevalence and clinical implications”. The American Journal of Gastroenterology Vol. 94, No. 12 (1999): 3541–3546.

16. Bernik, M., T.P. Sampaio, and L. Gandarela. “Fibromyalgia comorbid with anxiety disorders and depression: combined medical and psychological treatment”. Current Pain and Headache Reports Vol. 17, No. 9 (2013): 358.

17. Davies, K.A., et al. “Restorative sleep predicts the resolution of chronic widespread pain: results from the EPIFUND study”. Rheumatology (Oxford) Vol. 47, No. 12 (2008): 1809–1813.

18. McNallen, A.T., et al. “Fatigue, sleep, and stress: dynamic relationships in fibromyalgia”. Fatigue: Biomedicine, Health & Behavior Vol. 1, No. 1–2 (2013): 64–80.


La fibromyalgie : De la controverse à la clarté

Partie III : Le diagnostic de FSM

Par : Janet McKenzie BSN, MBS, ND


Summit Natural Health Centre

5133 Dundas Street West

Etobicoke, Ontario, M9A 1C1

www.summitnaturalhealth.ca

Diagnosis of FMS

Le premier article de cette série portait sur l’histoire de la fibromyalgie (SFM) et la controverse qui entoure son statut de diagnostic. La deuxième partie de l’article identifiait ceux qui peuvent être à risque de développer cette maladie. Dans cette partie, nous nous attarderons sur les lignes directrices d’une formation de diagnostic, autant courantes qu’émergentes.

La controverse qui entoure la validité d’un diagnostic de fibromyalgie et les inquiétudes liées aux mauvais diagnostics potentiels ont entrainé le développement des lignes directrices de diagnostic en 1990 par l’American College of Rheumatology (1). Ces dernières ont été fréquemment actualisées, la dernière mise à jour datant du 2010 (2).

Au Canada, un ensemble distinct de lignes directrices fut développé afin d’appuyer le diagnostic de FSM, tel qu’approuvé par la Société canadienne de la douleur et la Société canadienne de rhumatologie. Le diagnostic est fondé sur une présence chronique de symptômes complexes incluant une douleur générale, la fatigue, le sommeil non régénérateur, le mauvais fonctionnement cognitif, des troubles émotifs, des symptômes somatiques liés à la douleur tels le syndrome du côlon irritable et la migraine, ainsi que les symptômes non liés à la douleur tels la dysfonction sexuelle et le trouble de stress post-traumatique.(3)

Les lignes directrices américaines et canadiennes se réfèrent à un phénomène bien connu, l’examen des points sensibles. Même si l’examen des points sensibles devrait faire partie du processus de diagnostic, ses résultats ne sont plus requis afin de confirmer un diagnostic selon les deux ensembles de lignes directrices (2,3).

Ce départ des directives originales a provoqué plusieurs débats et plusieurs spécialistes argumentent que l’examen des points sensibles est l’un des rares examens relativement objectifs disponibles dans le diagnostic de FSM qui pourrait le différencier d’autres conditions caractérisées par une douleur globale (4-7).

La controverse du diagnostic du FSM pourrait être résolue dans le futur par la recherche actuelle qui identifie les marqueurs physiques, donc évaluables :

  • un taux élevé de certains agents chimiques dans le cerveau, tels la substance P et le glutamate ; (8)
  • des changements neurologiques incluant un type spécifique de neuropathie (9) et les modèles de cerveau détectés par IRM ; (10)
  • une analyse sanguine détectant des changements spécifiques au FSM notamment dans la façon dont le corps utilise les acides aminés, la tryptophane (11) et certains autres qui identifient des changements fonctionnels chez les éléments cellulaires, les mitochondries.(12)

Tous ensemble, ces découvertes en matière du diagnostic répondent à plusieurs besoins : ils valident FSM telle une condition avec des causes physiologiques (à l’encontre de psychologiques), ils offrent un moyen objectif, reproductible et vérifiable d’atteindre un diagnostic et ils permettent de différencier des cas potentiels de FSM d’autres causes possibles responsables de la douleur globale et de la fatigue tels le syndrome de fatigue chronique, l’encéphalomyélite myalgique et l’arthrite rhumatoïde. Nous pouvons enfin avancer de la controverse vers la clarté.

Dans cette série d’articles nous avons déjà exploré l’historique controversé de la fibromyalgie, les facteurs qui augmentent le risque de son développement ainsi que les avancées des processus employés dans son diagnostic. Ci-dessous, dans la dernière partie, nous examinerons le statut de traitement de FSM.

References

1. Wolfe, F., et al. “The American College of Rheumatology 1990 Criteria for the Classification of Fibromyalgia. Report of the Multicenter Criteria Committee”. Arthritis and Rheumatism Vol. 33, No. 2 (1990): 160–172.

2. Wolfe, F., et al. “The American College of Rheumatology preliminary diagnostic criteria for fibromyalgia and measurement of symptom severity”. Arthritis Care & Research Vol. 62, No. 5 (2010): 600–610.

3. Fitzcharles, M.A., et al. “2012 Canadian guidelines for the diagnosis and management of fibromyalgia syndrome: executive summary”. Pain Research & Management Vol. 18, No. 3 (2013): 119–126.

4. Vanderschueren, S., P. Van Wambeke, and B. Morlion. “Fibromyalgia: do not give up the tender point count too easily: comment on the article by Wolfe et al”. Arthritis Care & Research Vol. 62, No. 11 (2010): 1675.

5. Thompson, E.N. “Diagnostic criteria for fibromyalgia: comment on the article by Wolfe et al”. Arthritis Care & Research Vol. 62, No. 11 (2010): 1674–1675.

6. Toda, K. “Preliminary diagnostic criteria for fibromyalgia should be partially revised: comment on the article by Wolfe et al”. Arthritis Care & Research Vol. 63, No. 2 (2011): 308–309.

7. Staud, R., D.D. Price, and M.E. Robinson. “The provisional diagnostic criteria for fibromyalgia: one step forward, two steps back: comment on the article by Wolfe et al”. Arthritis Care & Research Vol. 62, No. 11 (2010): 1675–1676.

8. Clauw, D.J. “Fibromyalgia: an overview”. The American Journal of Medicine Vol. 122, No. 12 Suppl. (2009): S3–S13

9. Üçeyler, N., et al. “Small fibre pathology in patients with fibromyalgia syndrome”. Brain Vol. 136, No. 6 (2013): 1857–1867.

10. Jensen, K.B., et al. “Overlapping structural and functional brain changes in patients with long-term exposure to fibromyalgia pain”. Arthritis and Rheumatism Vol. 65, No. 12 (2013): 3293–3303.

11. Hackshaw, K.V., et al. “A bloodspot-based diagnostic test for fibromyalgia syndrome and related disorders”. The Analyst Vol. 138, No. 16 (2013): 4453–4462.

12. Castro-Marrero, J., et al. “Could mitochondrial dysfunction be a differentiating marker between chronic fatigue syndrome and fibromyalgia?” Antioxidants & Redox Signaling Vol. 19, No. 15 (2013): 1855–1860.


La fibromyalgie : De la controverse à la clarté

Partie IV : Le traitement

Par : Janet McKenzie BSN, MBS, ND


Summit Natural Health Centre

5133 Dundas Street West

Etobicoke, Ontario, M9A 1C1

www.summitnaturalhealth.ca

Fibromyalgia Treatment

Ayant exploré les controverses associées avec la fibromyalgie (FSM) et son diagnostic dans les articles précédents, ce dernier article identifiera des traitements fondés sur les données.

Dans le domaine de la médecine générale, les formes importantes de traitement incluent :

  • les interventions psychologiques telle la thérapie cognitive comportementale ;(1)
  • les médicaments, tels les antidépresseurs (2), les anticonvulsifs (3), les analgésiques opioïdes (4) et les relaxants musculaires (5) ;
  • des changements au niveau du mode de vie tels l’activité rythmique (6) et l’exercice (7).

Dans le domaine des traitements naturels, les sujets suivants bénéficient de l’appui de la recherche :

  • les suppléments qui portent sur la production de l’énergie, telle la coenzyme Q10 (8) les vitamines B(9), la quercétine,(10) et la rhodiole (16).
  • les suppléments régularisant le sommeil, tels la mélatonine (12), la niacine, (13) et la valériane (14) ;
  • les suppléments qui modifient la réaction au stress et qui promeuvent la relaxation musculaire, tels le magnésium, l’Ashwagandha,(15) et la Rhodiola (16).

La controverse et la confusion du secteur de la santé liées à la fibromyalgie ont instigué le développement d’un éventail de traitements « alternatifs » accessibles par le biais de l’Internet. Un de ces traitements, longtemps populaire, est le dénommé protocole de guaifénésine.

La guaifénésine est un médicament sans ordonnance utilisé principalement comme expectorant des composantes de la toux et du rhume. Ce protocole fut développé par Dr R. Paul St. Amand durant les années 1990 à la suite de ses observations des patients souffrant de FSM et en combinaison avec quelques études mineures qu’il a dirigées afin de justifier le traitement et ses trois éléments primaires :

1) consommer des quantités considérables de la guaifénésine quotidiennement,
2) adopter un régime alimentaire faible en sucres, et
3) éviter les salicylates (des composantes à base de plantes dont on considère qu’elles interfèrent avec les propriétés de la guaifénésine).

Dr St. Amand soutient qu’un excédent du minerai de phosphore (c’est-à-dire phosphate) entraine les symptômes musculaires de FSM qui sont réduits lorsque la guaifénésine promeut son excrétion (17).

Évidemment, la théorie est… controversée. Ceux contre nous diront qu’il n’existe aucune évidence du surcroît de phosphate dans FSM (18) et que la guaifénésine a des propriétés de relaxant musculaire et analgésique qui pourraient être responsables des bienfaits du traitement (19). Par exemple, une version de guaifénésine est employée pour précisément ces raisons dans les médicaments sans ordonnance Robax qui soulagent les spasmes musculaires.

Lorsque la recherche éliminera la confusion et la controverse liées à FSM, des traitements pointus émergeront. Pour l’instant, les approches intégrées de traitements conventionnels et naturels semblent donner le meilleur soulagement.

References

1. Bernardy, K., et al. “Cognitive behavioural therapies for fibromyalgia”. The Cochrane Database of Systematic Reviews Vol. 9 (2013): CD009796.

2. Nüesch, E., et al. “Comparative efficacy of pharmacological and non-pharmacological interventions in fibromyalgia syndrome: network meta-analysis”. Annals of Rheumatic Diseases Vol. 72, No. 6 (2013): 955–962.

3. Uçeyler, N., et al. “Anticonvulsants for fibromyalgia”. The Cochrane Database of Systematic Reviews Vol. 10 (2013): CD010782.

4. Fitzcharles, M.A., et al. “2012 Canadian guidelines for the diagnosis and management of fibromyalgia syndrome: executive summary”. Pain Research & Management Vol. 18, No. 3 (2013): 119–126.

5. Goldenberg, D.L. “Pharmacological treatment of fibromyalgia and other chronic musculoskeletal pain”. Best Practice & Research. Clinical Rheumatology Vol. 21, No. 3 (2007): 499–511.

6. Karsdorp, P.A. and J.W. Vlaeyen. “Active avoidance but not activity pacing is associated with disability in fibromyalgia”. Pain Vol. 147, No. 1–3 (2009): 29–35.

7. Häuser, W., et al. “Efficacy of different types of aerobic exercise in fibromyalgia syndrome: a systematic review and meta-analysis of randomised controlled trials”. Arthritis Research & Therapy Vol. 12, No. 3 (2010): R79.

8. Morris, G., et al. “Coenzyme Q10 depletion in medical and neuropsychiatric disorders: potential repercussions and therapeutic implications”. Molecular Neurobiology Vol. 48, No. 3 (2013): 883–903.

9. Costantini, A., et al. “High-dose thiamine improves the symptoms of fibromyalgia”. BMJ Case Reports Vol. 2013 (2013). pii: bcr2013009019.

10. Lucas, H.J., et al. “Fibromyalgia—New concepts of pathogenesis and treatment”. International Journal of Immunopathology and Pharmacology Vol. 19, No. 1 (2006): 5–10.

11. Nicolson, G.L. “Mitochondrial dysfunction and chronic disease: Treatment with natural supplements”. Alternative Therapies in Health and Medicine 2013. pii: at5027.

12. Hussain, S.A., et al. “Adjuvant use of melatonin for treatment of fibromyalgia”. Journal of Pineal Research Vol. 50, No. 3 (2011): 267–271.

13. Peuhkuri, K., N. Sihvola, and R. Korpela. “Diet promotes sleep duration and quality”. Nutrition Research Vol. 32, No. 5 (2012): 309–319.

14. Bent, S., et al. “Valerian for sleep: a systematic review and meta-analysis”. The American Journal of Medicine Vol. 119, No. 12 (2006): 1005–1012.

15. Chandrasekhar, K., J. Kapoor, and S. Anishetty. “A prospective, randomized double-blind, placebo-controlled study of safety and efficacy of a high-concentration full-spectrum extract of ashwagandha root in reducing stress and anxiety in adults”. Indian Journal of Psychological Medicine Vol. 34, No. 3 (2012): 255–262.

16. Stansbury, J., P. Saunders, and D. Winston. “Supporting adrenal function with adaptogenic herbs”. Journal of Restorative Medicine Vol. 1, No. 1 (2012): 76–82.

17. St. Amand, R.P. and C. Potter. “The use of uricosuric agents in fibromyalgia: theory, practice, and a rebuttal to the Oregon study of guaifenesin treatment”. Clinical Bulletin of Myofascial Therapy Vol. 2, No. 4 (1997): 5–17.

18. Gerdle, B., et al. “Decreased muscle concentrations of ATP and PCR in the quadriceps muscle of fibromyalgia patients—A 31P‐MRS study”. European Journal of Pain Vol. 17, No. 8 (2013): 1205–1215

19. Dolezal, T. and M. Krsiak. “Guaifenesin enhances the analgesic potency of paracetamol in mice”. Naunyn-Schmiedeberg’s Archives of Pharmacology Vol. 366, No. 6 (2002): 551–554.