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Résumé

Cette revue examine l’efficacité d’une supplémentation en safran (Crocus sativus L.) pour la gestion des symptômes d’anxiété et de dépression. Plusieurs études évaluées par des pairs, publiées de 2016 à aujourd’hui, ont été analysées afin d’en déterminer les plans d’étude, les méthodologies, les principaux résultats, les limites, et les conclusions. Cette revue révèle des données prometteuses quant au potentiel du safran comme traitement complémentaire de l’anxiété et de la dépression légères à modérées. Des recherches complémentaires, incluant des essais à plus grande échelle et à long terme, sont nécessaires pour consolider les données probantes.

Introduction

L’anxiété et la dépression sont des troubles mentaux répandus qui touchent des millions de personnes dans le monde. L’Organisation mondiale de la Santé (OMS) estime que plus de 280 millions de personnes souffrent de dépression [1], tandis que les troubles anxieux touchent 264 millions de personnes. Les traitements de ces affections font généralement appel à la psychothérapie ou à des médicaments. Bien qu’efficaces, ces approches peuvent présenter des limites, notamment des effets secondaires potentiels, des problèmes d’accessibilité, et une résistance au traitement. Ces dernières années, l’exploration de thérapies alternatives et complémentaires pour l’anxiété et la dépression a suscité un intérêt croissant. L’une de ces thérapies potentielles est le safran (Crocus sativus L.), une épice prisée et connue pour ses vertus culinaires. Des études antérieures ont suggéré que le safran puisse être utile pour la régulation de l’humeur [2].

Cette revue vise à examiner les données actuelles sur l’efficacité du safran pour la gestion de l’anxiété et de la dépression chez l’adulte. Les données d’essais randomisés, en double aveugle, et contrôlés contre placébo (ECR) récents ont été analysées afin d’évaluer l’efficacité du safran par rapport à un placébo et aux antidépresseurs classiques. Les limites des recherches actuelles et les pistes d’exploration future sont également identifiées. En synthétisant ces résultats, cette revue vise à enrichir les connaissances sur le potentiel du safran comme traitement complémentaire de l’anxiété et de la dépression.

Résumés clés

Safran contre citalopram pour la dépression avec anxiété

Plusieurs études récentes ont exploré le potentiel de la supplémentation en safran pour la gestion de l’anxiété et de la dépression. Un essai randomisé, en double aveugle, et contrôlé contre placébo a comparé le safran (30 mg/j) au citalopram, un antidépresseur courant (40 mg/j), chez des adultes souffrant de dépression majeure légère à modérée avec des caractéristiques anxieuses (n = 66). Soixante (60) participants ont terminé l’étude. Après 6 semaines, les deux groupes ont montré une amélioration significative des scores de dépression et d’anxiété (p < 0,001 dans les deux groupes), sans différence significative d’efficacité entre le safran et le citalopram [3].

Safran contre fluoxétine pour la dépression postpartum

Des résultats similaires sont ressortis d’un autre essai randomisé en double aveugle et contrôlé contre placébo mené sur la dépression postpartum, où le safran (15 mg deux fois par jour) s’est avéré aussi sécuritaire et d’efficacité comparable à celle d’un autre ISRS couramment prescrit, la fluoxétine (20 mg deux fois par jour), dans le traitement de la dépression postpartum légère à modérée chez les femmes (âgées de 18 à 45 ans avec un score initial à l’échelle de dépression de Hamilton [HDRS] ≤ 18). L’étude n’a trouvé aucune différence significative dans l’évolution des scores HDRS entre les groupes recevant le safran et la fluoxétine sur la période de 6 semaines. Bien que 41 % des patientes du groupe safran et 50 % du groupe fluoxétine aient obtenu une réponse complète (réduction ≥ 50 % du score HDRS), cette différence n’était pas statistiquement significative. La fréquence des événements indésirables était également similaire entre les deux groupes de traitement [4].

Le safran en complément de la sertraline pour le trouble d’anxiété généralisée

S’appuyant sur les recherches antérieures, un autre essai contrôlé randomisé en double aveugle a examiné l’effet du safran en tant que traitement d’appoint à la sertraline chez 40 patients atteints de trouble d’anxiété généralisée (TAG) léger à modéré diagnostiqué selon les critères du DSM‑5. Les participants ont été répartis aléatoirement pour recevoir soit du safran (450 mg/j, n = 20), soit un placébo (n = 20) pendant 6 semaines, en plus de leur traitement continu par sertraline (50 mg). L’échelle d’évaluation de l’anxiété de Hamilton (HAM‑A) à 14 points a été utilisée pour évaluer les effets du traitement, tout en recueillant des données anthropométriques, démographiques, et alimentaires. Après ajustement en fonction de l’âge, de l’apport énergétique initial, du score HAM‑A initial, et des variations de poids, les patients du groupe recevant le safran ont présenté un score HAM‑A moyen significativement plus faible à la fin des 6 semaines par rapport au groupe placébo (2,95 contre 5,05 ; p = 0,005). L’analyse intragroupe a indiqué une diminution significative des scores HAM‑A totaux dans les deux groupes (p ≤ 0,000). De plus, après ajustement pour les mêmes covariables, la variation du score HAM‑A par rapport à la valeur initiale était significativement plus importante dans le groupe ayant reçu le safran que dans le groupe ayant reçu le placébo (−17,25 ± 2,67 contre −15,35 ± 2,30 ; p = 0,029). Les effets secondaires signalés étaient légers et n’ont conduit aucun participant à arrêter la supplémentation. L’étude a conclu que le safran en complément de la sertraline pouvait réduire les symptômes du TAG [5].

Méta-analyse : Effets généraux du safran sur les troubles neuropsychiatriques

Soutenant davantage le potentiel du safran comme antidépresseur et anxiolytique, une autre revue systématique et méta-analyse visait à évaluer les effets globaux du safran sur diverses affections neurologiques et psychiatriques, notamment la cognition, la dépression, l’anxiété, les troubles du sommeil, le TDAH, et les troubles obsessifs compulsifs (TOC). Les chercheurs ont effectué une recherche méthodologique dans les bases de données PubMed/Medline, Web of Science, et Clinical Trials jusqu’en juin 2023 afin d’identifier les essais contrôlés randomisés (ECR) pertinents. Les critères d’inclusion spécifiaient des études où des participants, en bonne santé ou atteints de troubles neurologiques ou psychiatriques, recevaient du safran ou ses extraits. Le risque de biais a été évalué selon les recommandations Cochrane, et la revue a respecté la déclaration PRISMA. La méta-analyse, réalisée à l’aide des logiciels RevMan et STATA avec des modèles à effets aléatoires ou à effets fixes, a inclus 46 ECR. La durée de ces essais variait de 4 à 48 semaines.

Les résultats ont indiqué que le safran était significativement plus efficace que le placébo pour améliorer la cognition, la dépression (taille d’effet globale = −4,26, IC à 95 % de −5,76 à −2,77), l’anxiété (taille d’effet globale = −3,75, IC à 95 % de −5,83 à −1,67), et les troubles du sommeil (taille d’effet globale = −1,91, IC à 95 % de −2,88 à −0,93). De plus, le safran s’est avéré aussi efficace que les médicaments conventionnels dans le traitement des troubles cognitifs, de la dépression, de l’anxiété, du TDAH, et du TOC, et il était généralement bien toléré, avec peu d’effets secondaires. Les auteurs ont conclu que le safran pourrait avoir des effets protecteurs dans les troubles neurologiques et psychiatriques et présente une option de traitement relativement sure et favorable [6].

Méta-analyse : Le safran contre la dépression et l’anxiété, comme traitement autonome, et comme thérapie complémentaire

Une autre revue systématique et méta-analyse a examiné l’effet de la supplémentation en safran, à la fois comme traitement autonome et comme traitement d’appoint, sur les symptômes de dépression et d’anxiété par rapport aux médicaments ou au placébo. Conformément aux recommandations PRISMA, les chercheurs ont systématiquement examiné les essais contrôlés randomisés. L’extraction des données a consisté à collecter des données pour calculer les effets du traitement, et la qualité des études a été évaluée à l’aide de l’échelle de Jadad. La méta-analyse de 23 études a montré que le safran avait un effet positif important par rapport au placébo pour les symptômes dépressifs (g = 0,99, p < 0,001) et les symptômes d’anxiété (g = 0,95, p < 0,006). Le safran a également démontré un effet positif important lorsqu’il était utilisé en association avec des antidépresseurs pour les symptômes dépressifs (g = 1,23, p = 0,028). Les auteurs ont conclu que le safran pourrait être une intervention efficace contre les symptômes de dépression et d’anxiété, mais que des recherches supplémentaires sont nécessaires en raison de la diversité géographique limitée des études incluses [7].

Safran et anhédonie dans la dépression

De plus, une autre étude a exploré le safran comme un traitement potentiel de la dépression et de l’anhédonie (diminution du plaisir et de la motivation), en particulier dans les formes plus légères où les antidépresseurs classiques pourraient ne pas être idéaux. L’étude a exploré les effets du safran dans des modèles précliniques et chez des patients déprimés. Chez des rats présentant une anhédonie motivationnelle induite par le stress, un traitement répété au safran a amélioré la motivation et la réponse aux signaux de récompense. Cet effet semble impliquer une modulation de la signalisation dopaminergique et des voies BDNF–TrkB dans les régions cérébrales associées à la récompense. Dans une étude pilote menée auprès de patients déprimés, l’ajout de safran à leur traitement existant pendant 8 semaines a entrainé une amélioration globale des symptômes dépressifs et une réduction significative de l’anhédonie. Les chercheurs ont conclu que le safran est prometteur pour améliorer la motivation et pourrait être un traitement d’appoint utile pour les patients déprimés souffrant d’anhédonie [8].

Enquêtes antérieures sur le potentiel du safran : safran contre imipramine

Deux études antérieures ont examiné le potentiel du safran pour la dépression dans des populations spécifiques. Un essai pilote randomisé en double aveugle de 6 semaines (n = 30) a comparé le safran (30 mg/j TDS) à l’imipramine (100 mg/j TDS) chez des adultes souffrant de dépression. Les participants répondaient au DSM‑4 pour la dépression majeure (sur la base de l’entretien clinique structuré pour le DSM‑4) et avaient également un score initial d’au moins 18 sur l’échelle d’évaluation de Hamilton pour la dépression. Après 6 semaines, les deux groupes ont montré une efficacité similaire dans le traitement de la dépression légère à modérée (p = 0,09), avec des effets anticholinergiques et une sédation observés plus souvent dans le groupe recevant l’imipramine. L’étude a conclu que le safran pourrait offrir des bienfaits thérapeutiques pour la dépression légère à modérée, justifiant un essai plus vaste, contrôlé contre placébo [9].

Le safran pour le syndrome prémenstruel

Une étude distincte s’est concentrée sur les femmes atteintes du syndrome prémenstruel (SPM). Cet essai randomisé, en double aveugle, et contrôlé contre placébo a comparé une dose plus faible de safran (15 mg deux fois par jour) à un placébo. Les femmes âgées de 20 à 45 ans ayant des cycles menstruels réguliers et présentant des symptômes du SPM depuis au moins six mois étaient admissibles à l’étude et remplissaient les critères d’inclusion. Le groupe recevant le safran a montré une réduction significative des symptômes prémenstruels quotidiens totaux et des scores de l’échelle de dépression de Hamilton après deux cycles menstruels, avec une différence significative par rapport au groupe placébo [10].

Discussion et conclusion

S’appuyant sur l’analyse d’ECR récents et de méta-analyses portant sur la période de 2016 à aujourd’hui, cette revue confirme le potentiel prometteur de la supplémentation en safran (Crocus sativus L.) comme traitement complémentaire pour la prise en charge de l’anxiété et de la dépression légères à modérées chez l’adulte. Plusieurs études ont notamment démontré une efficacité comparable entre le safran et des antidépresseurs reconnus comme le citalopram [11] et la fluoxétine [12], suggérant son potentiel comme alternative viable ou traitement d’appoint. Ces résultats sont également corroborés par des données méta-analytiques indiquant des effets positifs significatifs du safran sur les symptômes dépressifs et anxieux, par rapport à un placébo, et même en complément des antidépresseurs conventionnels [13].

Les résultats vont au-delà de l’anxiété et de la dépression générales, indiquant des bienfaits potentiels pour des populations spécifiques. Par exemple, le safran s’est révélé prometteur pour soulager les symptômes de la dépression postpartum [14] et du trouble d’anxiété généralisée lorsqu’il est utilisé en complément de la sertraline [15]. De plus, des recherches récentes soulignent le potentiel du safran pour traiter des symptômes dépressifs spécifiques comme l’anhédonie, un aspect complexe des troubles de l’humeur. Les résultats précliniques suggèrent que ses effets régulateurs de l’humeur pourraient impliquer une modulation de la signalisation dopaminergique et des voies BDNF–TrkB [16], ce qui justifie des études plus approfondies dans le cadre d’essais cliniques sur les humains. L’impact plus large du safran sur diverses affections neuropsychiatriques, notamment la cognition et le sommeil, mis en évidence dans une méta-analyse exhaustive [17], souligne encore davantage son potentiel thérapeutique. Un bienfait significatif systématiquement rapporté dans ces études est la bonne tolérance générale du safran et son profil de sécurité favorable, notamment par rapport aux antidépresseurs et anxiolytiques conventionnels [18]. Cependant, il est crucial de reconnaitre les limites inhérentes aux recherches actuelles.

Bien que fournissant des résultats encourageants, bon nombre des études examinées se caractérisent par des échantillons relativement petits et des durées courtes (généralement de 6 à 48 semaines), ce qui peut limiter la généralisation des résultats et la capacité à détecter des effets à long terme. Pour consolider le rôle du safran dans les soins de santé mentale fondés sur des données probantes, les recherches futures doivent privilégier des essais à plus grande échelle et à long terme portant sur des populations diverses, comme le recommandent également de précédentes méta-analyses [19]. Des recherches plus approfondies sur les mécanismes d’action précis sous-jacents aux effets du safran, les schémas posologiques optimaux, et une standardisation rigoureuse des préparations à base de safran sont également essentielles pour garantir des résultats cohérents et fiables.

En conclusion, les données synthétisées dans cette revue indiquent que, bien qu’il ne soit pas encore une solution miracle, le safran semble très prometteur comme traitement complémentaire contre l’anxiété et la dépression légères à modérées. Il sera essentiel de remédier aux limites identifiées par des recherches rigoureuses et continues afin de pleinement élucider son utilité clinique et de l’intégrer efficacement aux soins de santé mentale fondés sur des données probantes.

Orientations de recherche futures

Les résultats prometteurs d’études récentes sur le safran pour l’anxiété et la dépression soulignent la nécessité d’explorer davantage plusieurs domaines clés.

Essais à plus grande échelle et à long terme : La plupart des études examinées ont été menées sur des durées relativement courtes (6 à 48 semaines). Pour consolider les données probantes et déterminer l’efficacité et l’innocuité à long terme du safran, des études rigoureuses avec des échantillons plus importants et des durées prolongées sont nécessaires.

Recherche sur les mécanismes d’action : Il est essentiel de comprendre les mécanismes biologiques par lesquels le safran exerce ses effets régulateurs de l’humeur. L’étude de ces mécanismes peut contribuer au développement d’interventions plus ciblées contre l’anxiété et la dépression.

Optimisation posologique : La posologie optimale de safran pour la prise en charge de l’anxiété et de la dépression reste floue, les études examinées utilisant une gamme de dosages (20 à 450 mg/j). Les recherches futures devraient explorer les relations dose–réponse afin d’identifier la posologie la plus efficace et la mieux tolérée, qui concilie efficacité et tolérance.

Contrôle qualité du safran : La standardisation du safran utilisé en recherche est essentielle. Les variations d’origine, de méthodes de transformation et de falsification potentielle peuvent influencer les résultats. Assurer une qualité constante entre les études est essentiel pour des comparaisons fiables et une compréhension claire des effets du safran.


Références

[1]    [Anonyme.] « Dépression. » Organisation mondiale de la Santé, https://www.who.int/fr/news-room/fact-sheets/detail/depression, 2023‑03‑31.

[2]    Shafiee, M., et autres. « Saffron in the treatment of depression, anxiety and other mental disorders: Current evidence and potential mechanisms of action. » Journal of Affective Disorders, Vol. 227 (2018): 330–337.

[3]    Ghajar, A., et autres. « Crocus sativus L. versus citalopram in the treatment of major depressive disorder with anxious distress: A double-blind, controlled clinical trial. » Pharmacopsychiatry, Vol. 49, Nº 2 (2016): 69–76.

[4]    Kashani, L., et autres. « Comparison of saffron versus fluoxetine in treatment of mild to moderate postpartum depression: A double-blind, randomized clinical trial. » Pharmacopsychiatry, Vol. 50, Nº 2 (2017): 64–68.

[5]    Jafarnia, N., et autres. « Effect of saffron (Crocus sativus L.) as an add-on therapy to sertraline in mild to moderate generalized anxiety disorder: A double blind randomized controlled trial. » Archives of Neuroscience, Vol. 4, Nº 4 (2017): e14332.

[6]    Han, S., et autres. « New horizons for the study of saffron (Crocus sativus L.) and its active ingredients in the management of neurological and psychiatric disorders: A systematic review of clinical evidence and mechanisms. » Phytotherapy Research, Vol. 38, Nº 5 (2024): 2276–2302.

[7]    Marx, W., et autres. « Effect of saffron supplementation on symptoms of depression and anxiety: A systematic review and meta-analysis. » Nutrition Reviews, Vol. 77, Nº 8 (2019): 557–571.

[8]    Corridori, E., et autres. « Therapeutic potential of saffron extract in mild depression: A study of its role on anhedonia in rats and humans. » Phytotherapy Research, Vol. 39, Nº 3 (2025): 1277–1291.

[9]    Akhondzadeh, S., et autres. « Comparison of Crocus sativus L. and imipramine in the treatment of mild to moderate depression: A pilot double-blind randomized trial [ISRCTN45683816]. » BMC Complementary and Alternative Medicine, Vol. 4 (2004): 12.

[10]   Agha‑Hosseini, M., et autres. « Crocus sativus L. (saffron) in the treatment of premenstrual syndrome: A double-blind, randomised and placebo-controlled trial. » BJOG, Vol. 115, Nº 4 (2008): 515–519.

[11]   Ghajar et autres., op. cit.

[12]   Kashani et autres., op. cit.

[13]   Marx et autres., op. cit.

[14]   Kashani et autres., op. cit.

[15]   Jafarnia et autres., op. cit.

[16]   Corridori et autres., op. cit.

[17]   Han et autres., op. cit.

[18]   Chauhan, S., et autres. « Exploring the potential of saffron as a therapeutic agent in depression treatment: A comparative review. » The Yale Journal of Biology and Medicine, Vol. 97, Nº 3 (2024): 365–381.

[19]   Marx et autres., op. cit.