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Les douleurs chroniques — Des solutions naturelles

Par : Philip Rouchotas MSc, ND

Bolton Naturopathic Clinic

64 King St W, Bolton, ON L7E1C7

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Les douleurs chroniques — Des solutions naturelles


Partie I : Les intolérances alimentaires

Les douleurs chroniques affectent quotidiennement ou régulièrement une grande partie de la population. Ceci comprend un éventail de différentes conditions comme l’ostéoporose (« arthrite de l’usage »), l’arthrite rhumatoïde, la migraine, la fibromyalgie, les douleurs du bas du dos, voir même des conditions de stress répétitif tel les types variés de tendinite et d’autres dommages qui n’ont jamais guéri correctement. On estime qu’environ 18,9% des Canadiens âgés de plus de 18 ans souffrent de douleurs chroniques.(1). Plusieurs dépendent d’antidouleurs et d’autres médicaments afin d’assurer un fonctionnement quotidien normal. Cependant, il existe une variété de thérapies naturelles offrant un répit de la douleur chronique. Cette série d’articles portera sur ces thérapies peu connues.

Plusieurs conditions caractérisées par des douleurs chroniques sont liées à une inflammation due à l’activité du système immunitaire. Ceci est vrai pour la plupart des conditions d’auto-immunisation, telles l’arthrite rhumatoïde (AR), l’arthrite psoriasique, la spondylarthrite amenant l’ankylose (SA), le lupus (SLE) ainsi que d’autres arthrites et des migraines, voire même la fibromyalgie qui est encore méconnue.(2-4). L’auto-immunisation se définit par plusieurs conditions lors desquelles le système s’attaque à lui-même, produisant des anticorps contre les protéines présentes dans le corps, activant les lymphocytes T pour réagir contre ces protéines, ou produisant des cytokines pro-inflammatoires (5-6).

Des modifications de la fonction digestive ont été observées dans certaines de ces conditions. Par exemple, pour la fibromyalgie, une association existe avec la présence de l’intestin perméable (7). Le syndrome de l’intestin perméable décrit la situation de la détérioration de la fonction de la barrière intestinale, permettant aux particules d’aliments de passer dans les vaisseaux sanguins et d’enclencher une réaction immunologique. Lors d’une étude de 40 patients souffrant de fibromyalgie, de 17 patients ayant des douleurs locales chroniques et de 57 patients normaux de contrôle, les patients souffrant de douleurs chroniques affichaient des taux plus élevés de la perméabilité intestinale comparativement aux patients normaux de contrôle (7). La présence d’une perméabilité intestinale accrue fut également observée chez les patients souffrant d’arthrite juvénile (8). Une autre étude a démontré une perméabilité intestinale accrue chez un groupe de patients souffrant de lupus, de la spondylarthrite menant à l’ankylose (SA) et d’une autre condition nommée Behcet (9).

Les médecins naturopathes reconnaissent que certains aliments peuvent être déclencheurs du syndrome de l’intestin perméable pouvant entrainer une activité immunologique lorsque les protéines alimentaires impliquées entrent dans la circulation. La consommation de ces aliments peut entrainer l’hyperactivation du système immunitaire similaire aux allergies. Le terme « intolérance alimentaire » décrit ce phénomène. Malgré que le rôle de l’intolérance alimentaire sur les douleurs chroniques soit toujours sous-reconnu, plusieurs études suggèrent un chevauchement de certaines de ces conditions, la fibromyalgie et l’intolérance au gluten (maladie cœliaque) en particulier (10). Une autre étude a démontré que les patients souffrant d’arthrite rhumatoïde avaient des taux élevés d’anticorps spécifiques aux aliments présents dans leurs liquides intestinaux, comparativement aux sujets normaux (11). Les aliments observés incluaient les protéines en provenance du lait de vache (alpha-lactalbumine, bêta-lactoglobuline, caséine), des céréales, des œufs de poule (ovalbumine), de la truite et du porc (11). Des résultats similaires sont indiqués par une étude antérieure des protéines en provenance du blé et du lait(12).

L’identification et l’élimination des intolérances alimentaires peuvent être une stratégie efficace dans la gestion des douleurs chroniques. Nous encourageons nos lecteurs à consulter l’avis d’un médecin naturopathe lorsqu’une telle approche est considérée.

Dans la partie II nous discuterons du rôle de l’acupuncture…

[collapse collapsed title=Référence]
1. Schopflocher, D., P. Taenzer, and R. Jovey. “The prevalence of chronic pain in Canada”. Pain Research & Management Vol. 16, No. 6 (2011): 445–450.

2. Kötter, I., et al. “Is there a predisposition for the development of autoimmune diseases in patients with fibromyalgia? Retrospective analysis with long term follow-up”. Rheumatology International Vol. 27, No. 11 (2007): 1031–1039.

3. Staines, D.R. “Is fibromyalgia an autoimmune disorder of endogenous vasoactive neuropeptides?” Medical Hypotheses Vol. 62, No. 5 (2004): 665–669.

4. Goldblatt, F. and S.G. O’Neill. “Clinical aspects of autoimmune rheumatic diseases”. The Lancet Vol. 382, No. 9894 (2013): 797–808.

5. Pablos, J.L. and J.D. Cañete. “Immunopathology of rheumatoid arthritis”. Current Topics in Medicinal Chemistry Vol. 13, No. 6 (2013): 705–711.

6. Wang, P. and S.G. Zheng. “Regulatory T cells and B cells: implication on autoimmune diseases”. International Journal of Clinical and Experimental Pathology Vol. 6, No. 12 (2013): 2668–2674.

7. Goebel, A., et al. “Altered intestinal permeability in patients with primary fibromyalgia and in patients with complex regional pain syndrome”. Rheumatology (Oxford) Vol. 47, No. 8 (2008): 1223–1227.

8. Picco, P., et al. “Increased gut permeability in juvenile chronic arthritides. A multivariate analysis of the diagnostic parameters”. Clinical and Experimental Rheumatology Vol. 18, No. 6 (2000): 773–778.

9. Fresko, I., et al. “Intestinal permeability in Behçet’s syndrome”. Annals of the Rheumatic Diseases Vol. 60, No. 1 (2001): 65–66.

10. Tovoli, F., et al. “Fibromyalgia and coeliac disease: a media hype or an emerging clinical problem?” Clinical and Experimental Rheumatology Vol. 31, No. 6 Suppl. 79 (2013): 50–52.

11. Hvatum, M., et al. “The gut-joint axis: cross reactive food antibodies in rheumatoid arthritis”. Gut Vol. 55, No. 9 (2006): 1240–1247.

12. O’Farrelly, C., et al. “IgA rheumatoid factor and IgG dietary protein antibodies are associated in rheumatoid arthritis”. Immunological Investigations Vol. 18, No. 6 (1989): 753–764.


Les douleurs chroniques — Des solutions naturelles

Partie II : L’acupuncture

Par : Philip Rouchotas MSc, ND

Bolton Naturopathic Clinic
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Acupuncture

Dans la première partie, nous avons vu le rôle de l’activité du système immunitaire et sa contribution aux conditions de douleurs chroniques. Nous avons discuté en particulier des intolérances alimentaires. L’acupuncture s’avère une autre thérapie naturelle prometteuse pour les douleurs chroniques. L’acupuncture se traduit par une insertion de toutes petites aiguilles, comparables au diamètre d’un cheveu, dans des points spécifiques du corps. Ces points peuvent se trouver près des centres de déclenchement dans les groupes musculaires ou près des trajectoires des voies du système nerveux. L’acupuncture entraine un relâchement des muscles tendus, une réduction des spasmes musculaires, une augmentation localisée du flux sanguin, un blocage de la transmission des impulsions douloureuses le long des nerfs ainsi que la stimulation du relâchement des substances antidouleur naturelles telles les endorphines.(1-3) Une panoplie d’études démontre l’efficacité de l’acupuncture dans le traitement des douleurs chroniques causées par l’arthrose, les douleurs du bas du dos, les maux de tête, du cou ainsi que la tendinite.

Des essais aléatoires à contrôle menés par le Canadian College of Naturopathic Medicine ont démontré que les soins de naturopathie incluant l’acupuncture comme élément essentiel lors du traitement se sont avérés plus efficaces pour les douleurs à l’épaule et au bas du dos que les traitements traditionnels tels des exercices spécifiques (4-5).

Une autre étude sur 44 patients souffrant d’arthrose du genou a démontré que l’usage de deux techniques d’acupuncture différentes combinant l’usage de différents points sur la jambe réduisait la douleur de façon significative (6). La perception de douleur subjective ainsi que la rigidité et le fonctionnement se sont améliorés à la suite du traitement par acupuncture.

Des traitements quotidiens d’acupuncture durant deux cycles de six jours ont rapidement démontré, lors d’une étude sur 60 patients souffrant de douleurs chroniques au cou, une diminution des douleurs telles que mesurées par l’index de la douleur (PRI), par une échelle analogue visuelle (VAS), par l’intensité de la douleur actuelle (PPI) ainsi que par le résultat de la douleur globale (7).

Finalement, une revue méta-analyse publiée dans les Archives of Internal Medicine concluait que «(a) l’acupuncture est efficace dans le traitement des douleurs chroniques et est donc une option de recommandation raisonnable » (8). Les conditions revues lors de cette étude incluaient les maux du dos et du cou, l’arthrose, les maux de tête chroniques et les douleurs au niveau des épaules.

Des effets anti-inflammatoires sont démontrés par l’acupuncture et cette dernière peut aussi aider à la régénération des tissus endommagés (9). Par exemple, l’acupuncture peut augmenter la synthèse du collagène de type I qui est responsable des propriétés biomécaniques des tendons (9). L’acupuncture a montré qu’elle enrayait le relâchement de la substance P lors de la transmission de la sensation de la douleur, tout en augmentant la quantité des substances antidouleur naturelles telles les endorphines (2,3).

Selon ces données cliniques et mécaniques, il semblerait que l’acupuncture peut être une thérapie incontournable dans la gestion des douleurs chroniques.

Ci-dessous, la partie III portera sur l’usage de la thérapie intraveineuse de nutriments.

[collapse collapsed title=Référence]
1. Chou, L.W., M.J. Kao, and J.G. Lin. “Probable mechanisms of needling therapies for myofascial pain control”. Evidence-Based Complementary and Alternative Medicine Vol. 2012 (2012): 705327.

2. Tu, W.Z., et al. “[Effect of electroacupuncture of local plus distal acupoints in the same segments of spinal cord on spinal substance P expression in rats with chronic radicular pain]” (article in Chinese). Zhen Ci Yan Jiu Vol. 33, No. 1 (2008): 7–12.

3. Kim, W., S.K. Kim, and B.I. Min. “Mechanisms of electroacupuncture-induced analgesia on neuropathic pain in animal model”. Evidence-Based Complementary and Alternative Medicine Vol. 2013 (2013): 436913.

4. Szczurko, O., et al. “Naturopathic treatment of rotator cuff tendinitis among Canadian postal workers: a randomized controlled trial”. Arthritis and Rheumatism Vol. 61, No. 8 (2009): 1037–1045.

5. Szczurko, O., et al. “Naturopathic care for chronic low back pain: a randomized trial”. PLoS One Vol. 2, No. 9 (2007): e919.

6. Liu, K. and L.F. Tian. “[Knee osteoarthritis treated with acupuncture at Neiguan (PC 6) and Taichong (LR 3)]” (article in Chinese). Zhongguo Zhen Jiu Vol. 33, No. 2 (2013): 105–108.

7. Wan, B.J., et al. “[Influence of electroacupuncture with penetration needling method on comprehensive pain score in patients with cervical spondylotic radiculopathy]” (article in Chinese). Zhongguo Zhen Jiu Vol. 33, No. 5 (2013): 407–410.

8. Vickers, A.J., et al; Acupuncture Trialists’ Collaboration. “Acupuncture for chronic pain: individual patient data meta-analysis”. Archives of Internal Medicine Vol. 172, No. 19 (2012): 1444–1453.

9. Almeida, M.D., et al. “A hypothesis for the anti-inflammatory and mechanotransduction molecular mechanisms underlying acupuncture tendon healing”. Acupuncture in Medicine : Journal of the British Medical Acupuncture Society. 2013 Dec 11. [Epub ahead of print]


Les douleurs chroniques — Des solutions naturelles

Partie III : La thérapie intraveineuse de nutriments

Par : Philip Rouchotas MSc, ND

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Intravenous Nutrient Therapy

Dans les parties précédentes, nous avons vu le rôle de la fonction de la barrière intestinale, des intolérances alimentaires ainsi que de l’usage de l’acupuncture dans le traitement des douleurs chroniques. Dans cette section, nous discuterons du rôle de la thérapie intraveineuse de nutriments pour le traitement des douleurs du bas du dos, de la fibromyalgie, de la migraine ainsi que des névralgies.

La thérapie intraveineuse de nutriments est composée d’un groupe diversifié de traitements et de différents nutriments utilisés dans le traitement de diverses conditions. Les nutriments typiquement combinés dans le traitement des douleurs chroniques incluent les vitamines B et le magnésium. Le « Cocktail Myer » décrit une formulation communément employée qui combine la vitamine B avec le magnésium, le calcium et la vitamine C (1). L’apport de ces nutriments par voie intraveineuse atteint des taux de concentration élevés plus rapidement que lorsqu’administrés par voie orale. L’absorption des nutriments par les intestins est limitée et ceci peut poser problème pour ceux avec une fonction digestive moins qu’optimale. L’administration intraveineuse contourne ce problème.

Nombre d’études existantes suggèrent qu’une thérapie intraveineuse de nutriments peut être efficace dans la réduction des douleurs et l’amélioration de la qualité de vie chez les patients souffrant de douleurs chroniques. Une étude récente (2013) a démontré que l’administration intraveineuse de magnésium aide à réduire les douleurs chroniques du bas du dos (2). Un ensemble de 80 patients souffrant de douleurs chroniques au bas du dos, malgré les traitements par une combinaison de physiothérapie ainsi que des anticonvulsifs, des antidépresseurs ou des simples antidouleurs, fut traité avec soit du magnésium par voie orale ou du placebo. Il a été observé dans le groupe recevant le magnésium une réduction significative de la douleur, avec l’effet persistant jusqu’à six mois. Une amélioration de l’amplitude du mouvement fut aussi observée incluant la flexion, l’extension et la flexion latérale.

Une autre étude a démontré qu’un apport intraveineux de magnésium était efficace dans le traitement du syndrome complexe de la douleur locale (3). Il s’agit d’une condition incomprise qui s’affiche par des douleurs localisées sévères, typiquement du bras ou de la jambe, à la suite d’une blessure, d’une chirurgie, d’un évènement cardiovasculaire ou d’une crise cardiaque. Cependant, la douleur n’est pas proportionnelle à la sévérité de la blessure originale. Huit patients souffrant de cette condition reçurent une injection de magnésium quotidiennement pendant cinq jours et deux reçurent des injections salines seulement. Les résultats démontrent qu’après les cinq jours, le groupe recevant le magnésium avait moins de douleurs, moins d’incapacité et une qualité de vie améliorée et que le magnésium était bien toléré.

Des études suggèrent que le cocktail Myer, soit une combinaison des vitamines B avec le magnésium et la vitamine C, peut améliorer les symptômes de la fibromyalgie (4,5). Administré de façon hebdomadaire pendant huit semaines, le groupe Myer a démontré une amélioration des points sensibles, de la douleur, de la dépression et de la qualité de vie à la suite du traitement.(4) Une autre courte étude a montré que les participants qui recevaient les infusions Myer observaient des douleurs et une fatigue amoindries et une augmentation de la fonction physique typiquement à l’intérieur de 24 à 48 heures de l’infusion initiale (5). À la suite des huit semaines, une réduction marquée de 60% pour la douleur et de 80% pour la fatigue fut remarquée.

Finalement, nombre d’études ont démontré qu’une administration intraveineuse de magnésium est hautement efficace dans le traitement et la prévention des migraines (6-9). Une étude, durant laquelle on administra 1g de magnésium par voie intraveineuse, s’est portée sur 120 patients souffrant de migraine aiguë. Cette étude a démontré des bienfaits limités chez ceux souffrant d’une migraine sans aura, mais chez ceux souffrant de migraine avec aura, l’intensité de photophobie fut amoindrie et une réduction de 40% de la douleur fut observée en moins d’une heure (6). Une autre étude a examiné l’usage intraveineux de magnésium chez 40 patients souffrant des maux de tête modérés à sévères, incluant les migraines sans aura, les céphalées en grappes, les céphalées vasculaires chroniques ou la migraine chronique (9). Environ 80% de tous ces patients observèrent une élimination complète de la douleur à l’intérieur du quart d’heure suivant l’infusion de magnésium (9). Aucune récurrence ni augmentation de la douleur ne fut observée durant les 24 heures après traitement chez 56% des patients. Les symptômes associés aux migraines telles que la photophobie et la nausée ont également été éliminés.

Ces études indiquent qu’une thérapie intraveineuse de nutriments peut offrir une stratégie de traitement efficace pour une grande variété de conditions de douleurs chroniques, incluant les douleurs du bas du dos, la fibromyalgie ainsi que les migraines.

Dans la partie IV nous discuterons du rôle des nouveaux suppléments anti-inflammatoires.

[collapse collapsed title=Référence]
1. Gaby, A.R. “Intravenous nutrient therapy: the ‘Myers’ cocktail’”. Alternative Medicine Review Vol. 7, No. 5 (2002): 389–403.

2. Yousef, A.A. and A.E. Al-deeb. “A double-blinded randomised controlled study of the value of sequential intravenous and oral magnesium therapy in patients with chronic low back pain with a neuropathic component”. Anaesthesia Vol. 68, No. 3 (2013): 260–266.

3. Collins, S., et al. “Intravenous magnesium for complex regional pain syndrome type 1 (CRPS 1) patients: a pilot study”. Pain Medicine Vol. 10, No. 5 (2009): 930–940.

4. Ali, A., et al. “Intravenous micronutrient therapy (Myers’ Cocktail) for fibromyalgia: a placebo-controlled pilot study”. Journal of Alternative and Complementary Medicine Vol. 15, No. 3 (2009): 247–257.

5. Massey, P.B. “Reduction of fibromyalgia symptoms through intravenous nutrient therapy: results of a pilot clinical trial”. Alternative Therapies in Health and Medicine. Vol. 13, No. 3 (2007): 32–34.

6. Bigal, M.E., et al. “Intravenous magnesium sulphate in the acute treatment of migraine without aura and migraine with aura. A randomized, double-blind, placebo-controlled study”. Cephalalgia Vol. 22, No. 5 (2002): 345–353.

7. Brill, S., et al. “Efficacy of intravenous magnesium in neuropathic pain”. British Journal of Anaesthesia Vol. 89, No. 5 (2002): 711–714.

8. Demirkaya, S., et al. “Efficacy of intravenous magnesium sulfate in the treatment of acute migraine attacks”. Headache Vol. 41, No. 2 (2001): 171–177.

9. Mauskop, A., et al. “Intravenous magnesium sulfate rapidly alleviates headaches of various types”. Headache Vol. 36, No. 3 (1996): 154–160.


Les douleurs chroniques — Des solutions naturelles

Partie IV : Des nutriments anti-inflammatoires importants

Par : Philip Rouchotas MSc, ND

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Important Anti-Inflammatory Nutrients

Jusqu’à ce point, nous avons discuté du rôle de l’intolérance alimentaire, de l’acupuncture et de la thérapie intraveineuse de nutriments pour le traitement des douleurs chroniques. Dans cette section, nous discuterons du rôle de certains agents naturels qui, malgré qu’ils soient connus pour d’autres effets, sont peu connus pour leur rôle dans la gestion des douleurs chroniques. Ces agents sont la vitamine D, les probiotiques et un nouvel agent, la membrane naturelle de la coquille d’œuf.

La vitamine D et les probiotiques sont des interventions importantes pour les douleurs chroniques car elles permettent de régulariser la fonction immunitaire. Comme discuté dans la partie I, une caractéristique centrale des conditions de douleurs chroniques est la suractivité du système immunitaire, souvent causée par le système immunitaire s’attaquant à ses propres cellules. La vitamine D et les probiotiques ont démontré qu’ils augmentaient la tolérance immunitaire dans plusieurs types de conditions auto-immunitaires et allergiques en régularisant l’équilibre des cellules effectrices et des lymphocytes T régulateurs, ainsi que de la réponse générale du système immunitaire (1-3). De plus, de plus en plus de données affluent démontrant leur efficacité pour les conditions de douleur chronique.

Une étude a démontré que bon nombre de patients souffrant d’arthrite rhumatoïde avaient également une carence de vitamine D, avec des taux inférieurs à 50 nmol/L, incluant 30% de ceux consommant un supplément de 800IU ou plus (4). Ceci démontre le besoin d’une évaluation adéquate et d’un traitement du taux de la vitamine D, surtout chez les patients souffrant des maladies auto-immunes. Une autre étude a démontré qu’un traitement de vitamine D active jointement avec des médicaments de suppression du système immunitaire chez les patients souffrant de l’arthrite rhumatoïde ont grandement réduit la douleur après trois mois de traitement, comparativement aux médicaments immunosuppresseurs seuls (5).

En ce qui concerne la fibromyalgie, un sondage a montré que, parmi 100 patients souffrant de la fibromyalgie, 61 avaient une carence de vitamine D (6). Une autre étude indique que malgré le manque de différence dans les taux de la carence de la vitamine D entre les patients souffrant de fibromyalgie et les individus en santé, les taux de la vitamine D ont été associés avec la sévérité de la douleur. Autrement dit, les taux de la vitamine D les moins élevés étaient associés à une douleur accrue et un fonctionnement plus difficile (7).

Une petite quantité d’études existe suggérant qu’une supplémentation avec des probiotiques peut être bénéfique à la réduction de la douleur associée à l’arthrite rhumatoïde. Une étude démontrait qu’une supplémentation avec une préparation de bactéries productrices d’acide lactique a réduit, de façon significative, la douleur et a amélioré la capacité physique des patients, telles la marche de deux milles de distance, la capacité de tendre ainsi que d’autres activités quotidiennes (8). Une réduction significative du marqueur d’inflammation CRP fut aussi remarquée. Un autre essai aléatoire contrôlé démontrait qu’une supplémentation avec Lactobacillus rhamnosus réduisait le nombre des joints douloureux de presque la moitié, et réduisait l’analyse globale de l’activité de la maladie chez 71% du groupe probiotique comparativement à 30% du groupe de contrôle. Malheureusement, ces données ne sont pas significatives du point de vue statistique (9).

La membrane naturelle d’une coquille d’œuf est un agent anti-inflammatoire et apporte les ingrédients spécifiques nécessaires pour la régénération des cartilages endommagés par exemple (10,11). La membrane naturelle d’une coquille d’œuf s’est avérée réduire la douleur, améliorer l’amplitude de mouvement et fonctionner selon l’échelle WOMAC chez les patients souffrant d’arthrose (10, 11). Elle s’avère également efficace relativement rapidement, soit aussi peu que dix jours (11).

Plusieurs thérapies naturelles existent et promettent un soulagement aux individus souffrant de conditions de douleur chronique. Au fur et à mesure que la connaissance de ces options grandit, nous anticipons que de plus en plus de personnes auront recours à ces thérapies dans les années qui viennent, en particulier grâce au peu d’effets secondaires présents et à leur statut sans danger.

[collapse collapsed title=Référence]
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