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Par Alison Chen, ND

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Introduction

Food Sensitivity

Vous sentez-vous parfois ballonné ou constipé ? Peut-être éprouvez-vous des maux de tête, ou des réactions cutanées, sans raison apparente ? Êtes-vous en permanence fatigué, incapable de vous concentrer ? L’origine de ces réactions pourrait bien vous surprendre, et est peut-être à chercher dans votre assiette.

La digestion constitue une part essentielle de notre physiologie. Elle utilise des enzymes qui décomposent votre bagel de midi en molécules utilisables par l’organisme, le revêtement muqueux de l’intestin permettant l’absorption de ces molécules par le sang. Il y a aussi notre système immunitaire, qui permet à notre corps d’assimiler ces molécules alimentaires tout en empêchant son invasion par des corps étrangers. Notre système digestif, avec tous ses acteurs et ses composants, joue un rôle important dans notre vie quotidienne et nous aide, quand il fonctionne bien, à utiliser ce que nous mangeons pour vivre et prospérer.

Food Sensitivity

Mais s’il fonctionne mal, notre système digestif peut provoquer des symptômes du type ballonnement, crampes d’estomac, constipation et diarrhées. Ces symptômes peuvent être soulagés par un traitement, mais il est toujours préférable d’identifier l’origine de nos problèmes digestifs, qui peuvent être en relation avec ce que nous mettons chaque jour dans notre corps : les aliments.

Les réactions négatives à ce que nous mangeons sont courantes ; elles peuvent être cachées, ou mettre notre vie en danger. Environ 6% des enfants et 3 à 4% des adultes ont des allergies alimentaires, le nombre de personnes victimes de sensibilités et d’intolérances étant plus difficile à estimer [1]. Certains pensent que 45 à 60% de la population pourrait être affectée d’une hypersensibilité IgG différée, mais je suppose que tout le monde a au moins un aliment qui provoquera, à un moment donné, une réponse immunitaire [2].

Si beaucoup d’entre nous réagissent négativement à certains aliments, il existe une confusion entre ce qui constitue une allergie, une sensibilité ou une intolérance alimentaires, et ce qui les différencie. Que ce soit une allergie au lait ou une sensibilité au gluten, il est toujours bon de savoir comment notre corps réagit à ce que nous mangeons tous les jours, de façon à promouvoir santé et bien-être.

Alors, quelle est la différence entre ces réactions, et que faire si vous avez l’impression que quelque chose dans votre alimentation vous fait plus de mal que de bien ?

Qu’est-ce qu’une allergie alimentaire ?

Food Sensitivity

Réaction immunitaire : hypersensibilité IgE de type I / choc anaphylactique

Physiologie: il s’agit généralement d’une évidente relation de cause à effet, à déclenchement rapide, les mastocytes et les basophiles (des cellules immunitaires) libérant de l’histamine lorsqu’ils sont exposés à une molécule alimentaire réactive (antigène) et entrainant une réaction inflammatoire (rougeur, gonflement, démangeaison) allant de la simple gêne à une menace vitale.

Déroulement : les symptômes surviennent dès l’absorption de l’aliment en cause, les effets résiduels disparaissant généralement sous 5 à 7 jours, mais pouvant durer jusqu’à deux semaines.

Symptômes : ils peuvent inclure une inflammation cutanée (éruption, urticaire, eczéma, démangeaisons), concerner le système respiratoire (asthme, respiration sifflante, réduction du débit d’air), la digestion (crampes d’estomac, nausées, diarrhée) ou le système vasculaire (gonflement). Ces réactions peuvent être graves et même mortelles, comme en cas de choc anaphylactique.

Exemple:allergies saisonnières telles que le rhume des foins, ou allergie courante à l’arachide.

Qu’est-ce qu’une sensibilité alimentaire ?

Vous est-il déjà arrivé, quelques minutes ou même quelques heures après un repas, d’avoir l’impression que votre corps est gonflé et comme lesté de briques ? Vous aviez peut-être du mal à rester éveillé, et plus encore à penser clairement ? Cette réaction différée, et souvent chronique, peut être due à une réponse immunitaire à anticorps IgG.

Réaction immunitaire : hypersensibilité IgG de type III

Physiologie : suppose un déclenchement différé, avec libération de cytokines inflammatoires (cellules immunitaires) et un enchainement de conséquences locales et systémiques. Les réactions IgG dépendent souvent de la quantité d’aliments antigènes ingérés, et sont généralement plus légères, plus lentes, cumulatives et atypiques.

Déroulement : les sensibilités alimentaires sont souvent difficiles à diagnostiquer, les anticorps IgG étant produits environ 30 jours après l’identification d’un antigène alimentaire. Une fois atteint un seuil d’anticorps IgG, les symptômes se déclarent 24 à 48 heures après l’ingestion, les taux d’anticorps IgG augmentent lentement et se maintiennent jusqu’à 3 mois.

Symptômes :ils sont variables, et peuvent comporter migraine, confusion, problèmes comportementaux chez les enfants souffrant de TDAH, troubles digestifs chroniques (constipation, diarrhée, gaz, SCI, MICI), problèmes de peau (acné, eczéma, dermatite atopique), manque d’énergie, prise de poids, rétention d’eau et douleurs articulaires [3].

Exemple : sensibilité au gluten (à ne pas confondre avec la maladie cœliaque, qui implique une réaction immunitaire IgA).

Qu’est-ce qu’une intolérance alimentaire ?

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Réaction immunitaire : non liée au système immunitaire.

Physiologie : implique une incapacité à décomposer un aliment en ses éléments de base pour permettre son absorption, en raison d’un manque des enzymes nécessaires.

Déroulement : la réaction survient généralement dans les 30 minutes suivant l’ingestion de l’aliment en cause, les effets pouvant durer quelques heures.

Symptômes : forte diarrhée, excès de gaz, manque d’énergie, épuisement, déshydratation et malnutrition.

Exemple : intolérance au lactose (qui peut aussi être une sensibilité à la caséine ou à l’ovalbumine) [4]. Si vous souffrez de symptômes gênants bien que vous consommiez des produits laitiers sans lactose ou avec des enzymes lactases, il peut s’agir d’une intolérance à une autre protéine, ou plus probablement d’une sensibilité alimentaire.

Comment savoir s’il s’agit d’une réaction à ce que vous mangez ?

Food Sensitivity

Le régime hypoallergénique consiste à supprimer les (cinq) principaux coupables de votre alimentation, c’est-à-dire notamment le blé, les laitages, le maïs, le soja et les œufs, pour voir comment vous vous sentez. Une élimination complète prend de 6 à 8 semaines et nécessite une planification des repas. Bien que ce ne soit pas toujours simple ni facile, cela peut se révéler très instructif. Il faut également noter que si l’on parle de régime, il ne s’agit pas pour autant d’un régime pour perdre du poids. On doit le considérer plutôt comme un test de sensibilité alimentaire.

Pour accomplir cette élimination, suivez ces étapes :

  • Supprimez les aliments suspects pendant trois jours.
  • Le quatrième jour, choisissez l’un d’eux et mangez-en trois portions.
  • Si vous ne remarquez aucun changement de symptômes, attendez deux autres jours en respectant le régime avant de passer au suspect suivant.
  • Si vous observez une dégradation, évitez de consommer cet aliment jusqu’à ce que vous ayez testé toutes vos sensibilités alimentaires, ou seulement en petite quantité.

Rappelez-vous : bien des aliments sans gluten ni laitages peuvent être moins bons que vous pensez, et contenir des ingrédients de substitution de mauvaise qualité. Évitez les aliments emballés, en conserve, transformés ou frits, et méfiez-vous des aliments déshydratés et séchés, qui contiennent souvent des sucres ajoutés et des conservateurs. Manger cru et frais est souvent le meilleur moyen de rester en bonne santé.

Références
  1. Sicherer, S.H., and H.A. Sampson. “9. Food allergy.” The Journal of Allergy and Clinical Immunology, Vol. 117, No. 2 Suppl. Mini‑Primer (2006): S470–S475.
  2. The Free Library. IgG allergy testing. · https://www.thefreelibrary.com/IgG+allergy+testing.‑a0192102204 · Posted 2009‑01‑01 · Retrieved 2018‑10‑24.
  3. Stevens, L.J., et al. “Dietary sensitivities and ADHD symptoms: Thirty‑five years of research.” Clinical Pediatrics. Vol. 50, No. 4 (2011): 279–293.
  4. Germano, P., et al. “Specific humoral response to cows’ milk proteins and ovalbumin in children with atopic dermatitis.” International Journal of Clinical & Laboratory Research. Vol. 23, No. 4 (1993): 206–211.