Nous savons déjà depuis un certain temps que l’exposition au rayonnement ionisant provenant des rayons X et de la tomodensitométrie est cancérigène. Notre risque du développement du cancer par la suite à l’exposition dépend de bien des facteurs notamment la fréquence de l’usage et la posologie ainsi que l’âge, car les enfants sont bien plus sensibles que les adultes. La fréquence de la tomodensitométrie des enfants a augmenté de façon alarmante au cours des deux dernières décennies. Une étude a découvert une augmentation quintuple des examens pédiatriques tomodensitométriques à l’urgence entre 1995–2008 en raison de blessures à la tête, aux douleurs abdominales et aux maux de tête (1). Certains de ces examens sont surement justifiables, mais plusieurs demeurent questionnables. Une recherche plus récente se concentre sur les données obtenues lors des examens tomodensitométriques et note qu’entre 1996 et 2005, ces examens ont doublé en fréquence chez les enfants de moins de 5 ans et ont triplé chez ceux entre 5 et 14 ans (2). Malgré que ces chiffres sont en déclin depuis 2007, les chercheurs projettent qu’avec quatre millions d’examens pédiatriques tomodensitométriques de la tête, de l’abdomen ou du pelvis, de la cage thoracique ou de la colonne vertébrale chaque année, 4870 futurs cancers vont en résulter (2). Une recherche supplémentaire publiée dans la publication Lancet présente un risque accru de déclenchement de la leucémie et du cancer du cerveau suite à l’exposition au cours d’examens tomodensitométriques multiples (3). Prenant connaissance de ces informations nous fait nous questionner la surutilisation de cet outil. Malgré qu’un examen tomodensitométrique puisse offrir au médecin de l’information importante, d’autres outils de diagnostic sont occasionnellement des options valables. Les examens tomodensitométriques peuvent être demandés pour plusieurs raisons, cependant il semble qu’un questionnement des méthodes d’évaluation des enfants en fonction d’examens tomodensitométriques est nécessaire. Les parents aussi doivent s’éduquer afin de poser les bonnes questions et de s’assurer qu’un examen tomodensitométrique est effectivement bénéfique malgré ses risques.
References
1. Larson DB, Johnson LW, Schnell BM, Goske MJ, Salisbury SR. Rising use of CT in child visits to emergency department in the United States, 1998-2008. Radiology. 2011; 259(3): 793-801.2. Miglioretti DL, Johnson E, Williams A, Greenlee RT, Weinmann S, Solber LI, et al. The Use of Computed Tomography in Pediatrics and the Associated Radiation Exposure and Estimated Cancer Risk. JAMA Pediatr. 2013; odoi.10.1001/jamapediatrics.2013.311.
3. Pearce MS, Salotti JA, Little MP, McHugh K, Lee C, Kim KP, et al. Radiation exposure from CT scans in childhood and subsequent risk of leukemia and brain tumours: a retrospective cohort study. Lancet. 2012; 380(9840):499-505.