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Une récente publication grandement médiatisée sur les acides gras oméga-3 a diffusé un message très puissant quoiqu’erronée au grand public. Elle stipule que l’usage des acides gras est potentiellement dangereux pour les humains et doit être reconsidéré. L’étude, publiée dans le Journal of the National Cancer Institute, conclut que les acides gras oméga-3 augmentent le risque de cancer de la prostate et sont impliqués dans le développement des tumeurs. (1) En réalité, cette étude comporte d’importantes lacunes et limitations et il est primordial que le grand public comprenne que l’information contenue y a été mal interprétée.

D’emblée, l’article suggère que l’étude est construite de manière à mesurer le risque de cancer de la prostate chez les hommes utilisant des suppléments d’acides gras oméga-3 sous forme d’huile de poisson. Ceci n’est pas le cas. Les données utilisées pour cette publication proviennent d’un essai sélect étalé sur une période de plusieurs années, originalement conçu pour déterminer l’incidence du cancer de la prostate chez un groupe d’hommes en comparaison aux taux de la vitamine E et du sélénium. La consommation du poisson et/ou la supplémentation par huile de poisson n’a jamais fait partie de l’évaluation dans cette étude! De plus, les taux des acides gras mentionnés ont été enregistrés lors d’un prélèvement sanguin au commencement de l’étude, tandis que le diagnostic ne s’est fait que plusieurs années plus tard! Aussi, la différence dans les taux des acides gras dans le sang diffère peu du point de vue clinique entre les groupes d’hommes. Nombre d’études examinent la relation entre la consommation du poisson et/ou la supplémentation par huile de poisson et le cancer de la prostate et démontrent un risque réduit du cancer de la prostate (2,3,4) ainsi qu’une réduction de la mortalité liée au cancer de la prostate (5,6) chez les hommes avec une consommation accrue. En conclusion, aucune preuve n’existe appuyant la déclaration que des acides gras oméga-3 causent le cancer de la prostate. Ces gras sont non seulement sans danger, mais extrêmement bénéfiques pour plusieurs troubles de la santé incluant le cancer de la prostate.

References 1. Brasky TM, Darke AK, Song X, Tangen CM, Goodman PJ, Thompson IM, et al. Plasma Phospholipid Fatty Acids and Prostate Cancer Risk in the SELECT Trial. J Natl Cancer Inst. 2013; doi: 10.1093.

2. Leitzmann MF, Stampfer MJ, Michaud DS, Augustsson K, Colditz GC, Willett WC, et al. Dietary intake of n-3 and n-6 fatty acids and the risk of prostate cancer. Am J Clin Nutr. 2004; 80(1):204-16.

3. Terry P, Lichtenstein P, Feychting M, Ahlbom A, Wolk A. Fatty fish consumption and risk of prostate cancer. Lancet. 2001; 357(9270):1764-6.

4. Fradet V, Cheng I, Casey G, Witte JS. Dietary omega-3 fatty acids, cyclooxygenase-2 genetic variation, and aggressive prostate cancer risk. Clin Cancer Res. 2009; 15(7): 2559-66.

5. Epstein MM, Kasperzyk JL, Mucci LA, Giovannucci E, Price A, Wolk A, et al. Dietary fatty acid intake and prostate cancer survival in Orebro County, Sweden. Am J Epidemiol. 2012; 176(3):240-52.

6. Szymanski KM, Wheeler DC, Mucci LA. Fish consumption and prostate cancer risk: a review and meta-analysis. Am J Clin Nutr. 2010; 92(5): 1223-33.

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