Le manque de fer – Ce qu’il faut savoir
by Lara Spector, ND
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Introduction
Le manque de fer est la carence nutritionnelle la plus courante dans le monde [ 1 ]. Beaucoup de femmes présentent une carence en fer, en particulier au moment des règles, pendant et après la grossesse, ou au cours de l’allaitement. Une carence en fer est également couramment observée chez celles qui souffrent de pertes sanguines chroniques et/ou de problèmes gastro-intestinaux d’absorption. Une carence en fer non traitée peut entrainer une anémie ferriprive, qui survient lorsque l’organisme ne dispose pas des quantités suffisantes de fer pour former des globules rouges normaux. S’il n’a pas assez de fer, l’organisme ne peut pas produire assez d’hémoglobine pour permettre aux globules rouges d’acheminer l’oxygène des poumons vers les tissus.
Voici quelques-uns des symptômes liés au manque de fer ou à l’anémie [ 2 ] :

Le fer, vital pour de nombreux processus organiques
Le fer, en plus d’acheminer l’oxygène vers les tissus, remplit bien d’autres rôles cruciaux pour l’organisme. Il s’agit de l’un des nutriments les plus importants pour l’activité immunitaire, puisqu’il maintient le taux de leucocytes, et pour la production d’anticorps, repoussant ainsi les infections. Sa déficience contribuerait donc à la récurrence des grippes et rhumes. Le fer est également nécessaire à la production des acides aminés, des hormones et des neurotransmetteurs, ce qui pourrait expliquer les concentrations plus faibles d’hormones thyroïdiennes ou la diminution de l’activité thyroïdienne, le fer faisant partie intégrante de la réaction enzymatique qui produit les neurotransmetteurs et les hormones thyroïdiennes [ 3 ].
Causes et diagnostic de la carence en fer
La carence en fer est due le plus souvent à l’une des causes suivantes [ 2 ] :
Les analyses
Le diagnostic de l’anémie ferriprive repose sur le constat d’un manque d’hémoglobine, un manque de fer et de ferritine sériques (forme sous laquelle le fer est stocké), une faible densité de transferrine, et une capacité totale de fixation du fer insuffisante. Il faut noter que le taux de ferritine peut être trompeur, surtout en présence d’une inflammation aiguë ou chronique, puisque la ferritine est un réactif de phase aiguë, dont le taux augmente en présence d’un processus inflammatoire [ 1 ].
Le traitement de la carence en fer
Le traitement de la carence en fer devrait viser en priorité les causes de cette carence. Une étude de Rockey et coll. révèle par exemple que 60% des patients adultes souffrant d’anémie ferriprive pourraient présenter un trouble gastro-intestinal sous-jacent (tel qu’un manque d’acide gastrique ou une inflammation excessive) devant être étudié et traité, de même que, pour les femmes, des règles trop abondantes [ 4 ].
Une fois l’origine de la carence bien établie et le traitement mis en place, l’anémie ferriprive est généralement réversible grâce à une réplétion en fer, incluant habituellement la prise de compléments en fer et de sources alimentaires riches en fer (voir le tableau plus bas).
Le taux de fer devrait être évalué avant de commencer la supplémentation, puisqu’un excès de fer pourrait augmenter l’incidence des maladies cardiovasculaires et d’autres maladies chroniques, et être néfaste aux personnes porteuses du gène de l’hémochromatose [ 1 ].

Les sources alimentaires
Il existe deux types de fer alimentaire : le fer héminique (d’origine animale), et le fer non héminique (d’origine végétale). On sait que le type héminique a une plus grande biodisponibilité que le type non héminique [ 1 ]. De plus, l’environnement acide de l’estomac, de même que certains aliments, sont connus pour augmenter la biodisponibilité du fer alimentaire [ 2 ]. L’apport journalier recommandé en fer est de 18 mg chez les femmes entre 19 et 50 ans [ 6 ].
Sources de fer héminique
| Aliment | Portion | Fer | % de l’apport |
|---|---|---|---|
| Palourdes | 100 g | 28 mg | 155% |
| Foie de porc | 100 g | 18 mg | 100% |
| Rognons d’agneau | 100 g | 12 mg | 69% |
| Huîtres cuites | 100 g | 12 mg | 67% |
| Sèche | 100 g | 11 mg | 60% |
| Foie d’agneau | 100 g | 10 mg | 57% |
| Poulpe | 100 g | 9.5 mg | 53% |
| Moules | 100 g | 6.7 mg | 37% |
| Foie de bœuf | 100 g | 6.5 mg | 36% |
| Cœur de bœuf | 100 g | 6.4 mg | 35% |
Sources de fer non héminique
| Aliment | Portion | Fer | % de l’apport |
|---|---|---|---|
| Haricots de soja | 250 ml | 9.3 mg | 52% |
| Haricots jaunes crus | 100 g | 7 mg | 39% |
| Lentilles | 250 ml | 7 mg | 39% |
| Fallafels | 140 g | 4.8 mg | 27% |
| Graines de soja | 250 ml | 4.7 mg | 26% |
| Sésame grillé | 30 g | 4.4 mg | 25% |
| Spiruline | 15 g | 4.3 mg | 24% |
| Gingembre confit | 30 g | 3.4 mg | 19% |
| Épinards | 85 g | 3 mg | 17% |
Les compléments en fer
On trouve du fer dans beaucoup de compléments alimentaires, présentant des variations assez importantes en ce concerne les doses, l’absorption et les effets sur le système gastro-intestinal. Certains types de compléments offrent une meilleure biodisponibilité que d’autres : la forme ferreuse, par exemple, a une meilleure biodisponibilité que la forme ferrique. De plus, d’autres formes telles que le fer héminique ou les complexes polysaccharide-fer peuvent avoir moins d’effets secondaires gastro-intestinaux (p. ex. constipation, nausées).
Recommandations importantes pour l’absorption du fer
References
- Johnson-Wimbley, T.D., and D.Y. Graham. “Diagnosis and management of iron deficiency anemia in the 21st century.” Therapeutic Advances in Gastroenterology. Vol. 4, No. 3 (2011): 177–184.
- Bermejo, F., and S. García-López. “A guide to diagnosis of iron deficiency and iron deficiency anemia in digestive diseases.” World Journal of Gastroenterology. Vol. 15, No. 37 (2009): 4638–4643.
- Ganz, T. “Hepcidin, a key regulator of iron metabolism and mediator of anemia of inflammation.” Blood. Vol. 102, No. 3 (2003): 783–788.
- Rockey, D.C., and J.P. Cello. “Evaluation of the gastrointestinal tract in patients with iron-deficiency anemia.” The New England Journal of Medicine. Vol. 329, No. 23 (1993): 1691–1695.
- Zhang, A.S., and C.A. Enns. “Molecular mechanisms of normal iron homeostasis.” Hematology. American Society of Hematology. Education Program. Vol. 2009, No. 1 (2009): 207–214.
- National Academy of Sciences. Institute of Medicine. Food and Nutrition Board. Dietary Reference Intakes: Recommended Intakes for Individuals.