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Les bienfaits du jeûne - Est-il fait pour vous ?

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Les bienfaits du jeûne
Est-il fait pour vous ?

by Anna Tarabrina, ND
www.orianwellness.com/tarabrina/




fasting

Le jeûne est l’abstinence volontaire de nourriture et de boisson calorique pendant une période donnée. En d’autres termes, jeûner, c’est ne pas manger – c’est aussi simple que cela. Mais ne nous laissons pas abuser par cette simplicité : se priver de nourriture peut avoir des bénéfices nombreux et surprenants.

Le jeûne est pratiqué sous différentes formes dans le monde entier depuis des milliers d’années. Toutes les grandes religions intègrent le jeûne parmi leurs pratiques, sous une forme ou sous une autre.

Nous l’utilisons tous sans nous en rendre compte : nous jeûnons la nuit, en dormant, et s’il nous arrive de sauter un repas, nous pouvons aussi prolonger ce jeûne au cours de la journée. Ces courtes périodes de jeûne font partie de notre physiologie (1).

La beauté du jeûne, c’est qu’il n’y a pas une « bonne » façon de le faire ; on peut jeûner de bien des façons :

  • Le jeûne prolongé consiste à restreindre son alimentation et à ne boire que de l’eau pendant une période supérieure à trois jours. Un jeûne prolongé peut durer plusieurs mois, mais doit être fait sous le contrôle d’un médecin.

  • On peut aussi jeûner par intermittence. Ce type de jeûne a été popularisé par le documentaire de Michael Mosley « Manger, jeûner, et vivre plus longtemps » (2). Le jeûne intermittent existe sous diverses formes : l’alimentation en temps limité ; le régime 5:2 ; le jeûne à jours alternés, etc.

  • De nombreuses formes de jeûne religieux sont pratiquées à travers le monde. L’une des plus connues est le ramadan, durant lequel les Musulmans pieux ne mangent et ne boivent rien entre le lever et le coucher du soleil.

Le propos de cet article est d’aborder quelques-uns des bienfaits et des effets physiologiques du jeûne.

fasting Jeûner pour perdre du poids

L’effet le plus évident du jeûne est la perte de poids. Il est donc déconseillé aux personnes dont l’IMC (Indice de masse corporelle) est inférieur à 19.

De nombreuses études sur l’animal ou sur l’homme confirment la perte de poids obtenue par le jeûne intermittent. Les personnes qui pratiquent régulièrement le jeûne perdent durablement leur excès de poids (3). L’effet « perte de poids » du jeûne s’explique très facilement du point de vue physiologique : en réduisant la quantité de calories absorbées, le jeûne oblige l’organisme à utiliser les sources d’énergie disponibles, telles que les lipides, normalement stockés dans les cellules graisseuses. Les études montrent également que le jeûne intermittent augmente le métabolisme de base, ce qui veut dire que les personnes qui jeûnent brûlent davantage de calories, et donc davantage de graisses, tout en préservant leur masse musculaire (4).

Jeûner pour prévenir et traiter le diabète de type 2

On sait que le jeûne augmente la sensibilité à l’insuline (5). Une consommation excessive de glucides simples – présents dans le pain, les pâtes, les sodas, et tous les aliments riches en sucre – entraine le développement d’une résistance à l’insuline. Voyons comment. Les glucides simples sont dégradés en glucose. Celui-ci passe dans le sang au niveau de l’intestin grêle et est transporté jusqu’aux cellules de l’organisme pour y être utilisé dans la production énergétique. Mais il y a un acteur important pour l’entrée du glucose dans les cellules : l’insuline. Celle-ci est une hormone sécrétée par le pancréas lorsque l’organisme détecte la présence de glucose dans le sang. L’insuline aide le glucose à entrer dans la cellule en se liant aux récepteurs d’insuline à la surface de la membrane cellulaire. Elle agit comme une clé, ouvrant les pores de la membrane pour laisser entrer le glucose. Quand trop de glucose est ingéré, le pancréas doit sécréter davantage d’insuline pour faire entrer le glucose dans les cellules. Après plusieurs années d’excès de glucose dans le sang, et donc d’excès d’insuline, les cellules commencent à être moins réactives à celle-ci : elles deviennent insulino-résistantes. Le résultat, c’est qu’il y a moins de glucose dans les cellules, et davantage dans le sang, ce qui provoque les symptômes du diabète. Au cours du jeûne, le glucose alimentaire ne pénétrant plus dans le sang, l’organisme produit un peu de glucose pour continuer à alimenter certaines cellules telles que les cellules cérébrales, qui dépendent surtout du glucose pour leurs besoins énergétiques. Pendant le jeûne, la glycémie et le taux d’insuline restent faibles, ce qui donne aux autres cellules le temps de réparer leurs récepteurs d’insuline (6).

fasting Jeûner pour réduire le taux de mauvais cholestérol et de triglycérides

Le jeûne permet de faire baisser le taux de mauvais cholestérol tout en maintenant celui du bon cholestérol. Un taux élevé de cholestérol et de triglycérides augmente le risque de maladie cardiovasculaire. Le cholestérol serait responsable de la formation d’athérome dans les vaisseaux sanguins, pouvant entrainer des attaques cardiaques et des AVC. Il existe différentes formes de cholestérol. Le LDL est le « mauvais » cholestérol. Quand il est en excès, il augmente le risque d’athérome sanguin, alors que le fait d’avoir davantage de « bon » cholestérol, comme le HDL, protège des maladies cardiovasculaires. Le cholestérol est soit ingéré dans la nourriture, soit produit par l’organisme. Il s’agit d’une molécule très importante pour la production hormonale et le bon entretien de la membrane cellulaire. Le cholestérol n’est donc pas mauvais en soi, c’est l’excès de mauvais cholestérol qui est mauvais… Le jeûne permet à l’organisme de se débarrasser de ce mauvais cholestérol, tout en gardant le bon. Il en résulte une diminution du risque cardiovasculaire. On sait également que les personnes obèses adultes jeûnant en alternance voient baisser leur tension artérielle, ce qui protège aussi contre les maladies cardiovasculaires (7).

Jeûner pour réguler le taux de ghréline

La ghréline est une hormone sécrétée pour signaler au cerveau que le corps a besoin de manger, provoquant la sensation de faim : c’est l’hormone de la faim. On pourrait croire que le taux de ghréline augmente pendant le jeûne, rendant insupportable le fait de ne pas manger, mais ce n’est pas le cas. Les régimes basses-calories augmentent le taux de ghréline, ce qui explique pourquoi les personnes suivant un tel régime sont si malheureuses, et pourquoi la plupart de ces régimes ne « marchent » pas à long terme. Le jeûne, pour sa part, augmente la production de ghréline dans un premier temps, mais son taux se normalise ensuite, et peut même baisser (8). La sécrétion de ghréline se produit par vagues, associées au rythme circadien, ce qui signifie que la quantité de ghréline sécrétée est à peu près la même, que vous mangiez ou non. Une autre conséquence intéressante de cette sécrétion cyclique est que la sensation de faim n’augmente pas à mesure que vous jeûnez ; elle reste la même, et se dissipe, que vous mangiez ou non. Au cours des jeûnes prolongés, le taux de ghréline diminue, la personne qui jeûne ressentant moins la faim après quelques jours (9). La diminution du taux de ghréline est aussi utile après le jeûne, puisque les personnes sont alors plus facilement rassasiées, ce qui prolonge les bienfaits du jeûne.

fasting Et enfin, jeûner pour vivre plus longtemps

Les études sur l’animal révèlent que le jeûne ralentit le vieillissement. Aussi étonnant que cela paraisse, c’est exactement ce que démontrent certaines études animales. Pendant le jeûne, l’organisme doit compter sur d’autres sources d’énergie, telles que les lipides, mais il commence aussi à consommer ses propres cellules âgées et qui fonctionnent mal. Dans le jeûne prolongé, le corps active également ses cellules souches, qui permettent à l’organisme de se renouveler lui-même. Un autre avantage du jeûne, qui contribue à la santé et à la longévité, réside dans ses effets de détoxification. Chaque cellule de l’organisme renferme une certaine quantité de toxines provenant de la production d’énergie et de l’absorption des toxines de son environnement. Le nettoyage de la cellule par elle-même demande du temps et de l’énergie. Si ce travail est interrompu par la nécessité de traiter et stocker les calories excédentaires, les toxines peuvent s’accumuler. Le jeûne permet donc aux cellules de se débarrasser de leurs toxines. Une étude récente de l’Université de Newcastle a révélé un autre mécanisme possible pour expliquer les effets positifs du jeûne sur la santé. L’étude s’est intéressée aux mitochondries, de minuscules organites producteurs d’énergie présents dans la plupart de nos cellules, et plus particulièrement aux états mitochondriaux de petits vers. Réduire l’alimentation de ces vers a amélioré l’état de leurs mitochondries et a prolongé leur durée de vie. L’étude montre également une augmentation des interactions entre les peroxysomes et les mitochondries. Les peroxysomes sont d’autres organites responsables du métabolisme des graisses ; leur activation augmente le brûlage des graisses par les mitochondries (10). Bien qu’aucune étude sur l’homme ne montre que le jeûne augmente la longévité, certaines révèlent que la limitation de la consommation de nourriture (le jeûne) réduit les risques de maladies courantes chez les personnes âgées et prolonge la durée de vie en bonne santé.