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Supprimer la douleur - Approches naturopathiques

Tal Friedman
BKin, ND

24 July 2014
Français

Supprimer la douleur - Approches naturopathiques
by: Tal Friedman, BA(Kin), ND

Toronto, Ontario



Pain deteriorates quality of life

Effets de la douleur sur la qualité de la vie

Il y a aujourd’hui plus d’intérêt que jamais pour la médecine naturopathique, particulièrement pour les affections à long terme, dont, entre autres, l’anxiété, le diabète, la dépression et les troubles cardiovasculaires. Ce qu’on sait moins, c’est qu’un médecin naturopathe est aussi formé pour soigner les lésions aiguës et les cas de douleur chronique provoquée par des lésions plus anciennes ou des maladies comme l’arthrose. Le traitement de la douleur, qu’elle soit provoquée par une lésion récente ou une maladie à long terme, peut se révéler très difficile. La douleur provoquée par une lésion peut avoir un impact énorme sur les activités de la vie quotidienne. Des actions aussi simples que lever le bras pour attraper un verre dans le placard, ou se baisser pour prendre un sac de courses, peuvent être terribles et semblent parfois impossibles à effectuer. Face à ces conséquences sur la qualité de vie et les activités quotidiennes, il convient toujours de chercher le moyen le plus sûr et le plus efficace de soigner les tissus lésés, de réduire la douleur et l’inflammation, et d’augmenter la qualité globale de vie.

Un certain nombre de traitements peuvent être utilisés pour aider à contrôler la douleur. Des recommandations alimentaires et de mode de vie, ainsi que diverses thérapies physiques et manuelles, peuvent être d’un grand profit pour de nombreuses personnes, dans des cas très variés. L’élimination des déclencheurs alimentaires peut parfois être utile pour réduire l’inflammation et permettre à l’organisme de concentrer ses ressources sur d’autres secteurs. Des exercices doux et des étirements réguliers peuvent soulager la douleur, améliorer la capacité de mouvement et aider à prévenir de futures lésions. L’exercice physique est une part importante de la plupart des stratégies de traitement, mais doit être adapté à l’âge, aux caractères physiques et aux antécédents médicaux. Cet article va s’intéresser à plusieurs compléments qui ont montré des propriétés très prometteuses en recherche clinique, et peuvent avoir des effets importants sur la douleur et l’inflammation. Nous aborderons en particulier le cas de la curcumine, du boswellia, et de la broméline. Ces trois substances sont utilisées avec succès en médecine naturopathique pour traiter de multiples affections aiguës ou chroniques, depuis les blessures dues au sport jusqu’à la polyarthrite rhumatoïde. Comme tous les compléments naturels, ceux-là sont plutôt sans risques, mais tout traitement peut avoir des effets secondaires. En matière de phytothérapie, l’allergie est toujours un effet secondaire possible, qu’il est préférable d’évaluer à l’avance.


Curcumin La curcumine

Le curcuma est une épice jaune doré, tirée de la plante Curcuma longa, largement utilisée dans le sous-continent indien non seulement pour ses nombreux effets bénéfiques sur la santé, mais encore pour la conservation des aliments et comme colorant textile (1). La curcumine, qui donne au curcuma sa couleur dorée, a été découverte il y a près de 200 ans, et ses incomparables propriétés bénéfiques pour la santé sont toujours étudiées aujourd’hui. De nombreux articles élogieux ont été publiés ces derniers temps au sujet de la curcumine, les publications scientifiques montrant ses effets positifs sur beaucoup de maladies dont le cancer, l’arthrose, le diabète, les troubles cardiovasculaires, l’ostéoporose, la maladie d’Alzheimer et d’autres pathologies (2). L’effet magique de la curcumine vient de ses puissantes propriétés anti-inflammatoires (3). Elle a en effet la capacité de réprimer un des mécanismes-clés de l’inflammation, le facteur nucléaire kappa B (NF-kB). Le NF-kB contrôle une grande partie des gènes impliqués dans l’inflammation, et est souvent activé de façon continue dans beaucoup de maladies chroniques comme la colopathie fonctionnelle et l’athérosclérose (4).

L’effet anti-inflammatoire est particulièrement important quand il s’agit de traiter des lésions et de soulager la douleur. De nombreuses personnes utilisent pour soulager la douleur des médicaments en vente libre, comme le paracétamol et l’ibuprofène, qui font partie des médicaments les plus prescrits en Amérique du Nord et en Europe (5). Ces anti-inflammatoires non stéroïdiens (AINS) sont certes efficaces mais ont souvent plusieurs contre-indications et effets secondaires, dont les ulcères de l’estomac sont parmi les plus notables (5). La curcumine apparait comme une alternative sûre et efficace à l’utilisation chronique des AINS. Une récente étude s’est intéressée à l’efficacité de la curcumine dans le traitement de la polyarthrite rhumatoïde (6). Les participants à cette étude recevaient soit 500 mg de curcumine par jour en plus de leur traitement pharmaceutique, soit 500 mg de curcumine seule, soit le traitement pharmaceutique seul. Les résultats de l’étude sont très nets. Le groupe « curcumine seule » a connu une amélioration significative, avec une réduction de 44,5% de l’activité de la maladie au terme de l’étude (d’une durée de 8 semaines) et une réduction de 60% de la douleur ressentie. Les marqueurs sanguins de l’inflammation avaient aussi diminué de façon notable dans ce groupe, avec une chute de 52% du taux de protéines c-réactives (un marqueur inflammatoire), contre 26,9% dans le groupe « curcumine + médicaments » et une augmentation de 1,5% dans le groupe traité seulement par médication pharmaceutique (6). La curcumine est généralement standardisée sous la forme de ses constituants actifs souvent combinés avec un produit vecteur. Celui-ci est habituellement utilisé pour faciliter l’absorption de la curcumine, autrement très difficile à absorber. Les compléments de bonne qualité l’indiqueront sur l’emballage.


Boswellia Le boswellia

Boswellia serrata, aussi appelé arbre à encens, est un arbre qui pousse en Inde, en Afrique du Nord et dans quelques régions du Moyen-Orient (7). Une fois l’arbre écorcé, apparait une résine collante. C’est cette résine qui est utilisée depuis près d’un millénaire pour ses vertus médicinales (7). Comme dans le cas de la curcumine, l’efficacité du boswellia repose sur ses propriétés anti-inflammatoires. Plusieurs études ont examiné l’efficacité du boswellia dans le traitement d’affections telles que la polyarthrite rhumatoïde, la maladie de Crohn et la colite. Comme dans le cas de la curcumine, à nouveau, de nombreuses maladies soumises à un processus inflammatoire pourraient bénéficier d’un traitement au boswellia. L’extrait de boswellia est un puissant inhibiteur de la 5-lipoxygénase (5-LOX), une enzyme-clé pour la biosynthèse des leucotriènes à partir de l’acide arachidonique dans le processus inflammatoire cellulaire (8). L’inhibition de cette enzyme permet au boswellia de stopper l’un des principaux précurseurs de l’inflammation.

Un extrait spécifique du boswellia, la 5-Loxin, a obtenu récemment des résultats impressionnants lors d’essais cliniques. Des patients atteints d’arthrose du genou ont participé à un essai de 90 jours, prenant 100 ou 200 mg de 5-Loxin ou un placebo, avec suivi des résultats (8). L’enseignement le plus étonnant tiré de cette étude est que les deux groupes traités à la 5-Loxin ont connu des améliorations significatives en matière de douleur et de capacité physique en sept jours seulement, ces améliorations augmentant encore au cours de l’étude. Un autre enseignement à tirer de l’étude est l’effet du boswellia sur une enzyme appelée métalloprotéinase-3. Cette enzyme, présente dans le liquide synovial du genou, peut être responsable de certaines dégradations du cartilage observées dans l’arthrose (8). On a noté une réduction importante de cette enzyme dans les deux groupes traités à la Loxin-5, la réduction étant plus élevée dans le groupe le plus fortement dosé. Il s’agit de résultats assez remarquables, notamment en ce qui concerne la réduction de la douleur et l’amélioration de la capacité physique après une semaine d’utilisation. Comparé aux autres options phytothérapiques, le boswellia est l’une des plus sûres. Son usage a une histoire extrêmement longue, avec très peu d’effets secondaires et pratiquement aucun problème de fiabilité. Le boswellia est souvent vendu en complément associé à d’autres plantes anti-inflammatoires. Il peut se présenter sous forme de comprimés (c’est alors généralement un extrait sec normalisé) ou de teinture (auquel cas il s'agit d'un extrait alcoolique tiré de la plante entière). Les deux formes sont efficaces pour leurs usages cliniques.


Bromelain La broméline

La broméline diffère quelque peu de la curcumine et du boswellia dont nous venons de parler, en ce qu’il s’agit d’une enzyme protéolytique. Les enzymes protéolytiques décomposent littéralement les protéines, rendant plus facile la guérison des tissus (9). C’est précisément pour cette propriété que les enzymes protéolytiques sont utilisées depuis assez longtemps dans le monde médical pour aider à la cicatrisation des blessures et aux soins post-opératoires (9). La broméline elle-même est un extrait dérivé de l’ananas, principalement concentrée dans la tige de la plante (10). La broméline a des effets anti-inflammatoires et des effets analgésiques, c'est-à-dire atténuant la douleur (10). L’intérêt est que la broméline régule semble-t-il directement les processus à la fois inflammatoires et liés à la douleur.

Une étude comparant l’efficacité d’un complément contenant de la broméline et d’un médicament, le diclofénac, pour le traitement de l’arthrose du genou, a produit quelques résultats intéressants. Ils ont montré que le complément était plus efficace que le médicament pour réduire la douleur au repos, et à égalité avec lui pour réduire la douleur en général (11). L’étude a aussi révélé que le complément améliorait d’environ 10% la fonctionnalité articulaire restreinte, alors que le médicament n’a apporté aucune amélioration au cours de l’étude (11). La broméline peut aussi accélérer la cicatrisation post-opératoire. Une étude a été menée avec des patients opérés pour réduire des fractures osseuses, qui ont reçu un complément contenant de la broméline, ou un placebo, pendant deux semaines après l’opération. Les participants ayant reçu le complément avaient besoin de moins de médicaments antidouleur, avaient des enflures réduites et une convalescence plus rapide et plus facile (12).

Vivre avec la douleur, qu’elle soit aiguë ou chronique, peut être très difficile. La douleur rend parfois les tâches quotidiennes extrêmement pénibles, ou presque impossibles à accomplir. Dans beaucoup de cas, un soulagement de la douleur et de l’enflure, aussi léger qu’il soit, peut avoir une grande répercussion sur la qualité de vie globale d’un patient. Les compléments dont nous avons parlé ici sont des traitements puissants et efficaces permettant de contrôler la douleur. L’alimentation et le mode de vie sont toujours importants, mais d’autres traitements peuvent aussi inclure l’acupuncture, les massages, la physiothérapie et la manipulation articulatoire. Un programme de soins combinés bien pensé est la meilleure solution pour gérer la douleur et vivre heureux en bonne santé. Comme toujours, parlez à votre médecin de ces compléments avant de les utiliser. Son rôle est de vous aider à élaborer un programme de traitement sur mesure.